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NOUVEAU SITE AUTOBAHN66.COM

Aug. 29th, 2006 | 12:01 pm

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T


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M


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K



MUSIC TO MAKE PEOPLE FEEL LIKE:


HAVING SEX, GETTING DRUNK, DANCING LIKE MICHAEL JACKSON, SMASHING GEAR, BEING NAKED AT THE OFFICE, FARTING IN THE SUBWAY, CRYING AT DYSNEYLAND, LAUGHING AT BURIALS...

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MINIMUM ROCK’N’ROLL : ROCK & CHAUSSURES

Jun. 30th, 2006 | 06:15 pm

Après avoir consacré ses deux premiers numéros à la pilosité et aux voitures, l’équipe de Minimum Rock’n’Roll fonce pied (poilus) au plancher pour un spécial «Escarpins, boots en cuir et claquettes à papa ».

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Santiags, boots, talons aiguilles, converses, creepers et autres doc marteens se voient ici fêtées en grande pompe par le cirage du cirage. A savoir des docteurs es rock (écrivains, chanteurs, journalistes, profs, artistes…) qui se mêlent de ce qui les regarde. Alors on en vient presque à croire que le shoegazing va revenir à la mode grâce à ces 150 pages qui sentent bon (et fort) le fétichisme, la nostalgie, la passion, la classe et le dandysme. Dominique A y brosse le portrait de ses black shoes, Jeffrey Lewis livre au pied levé une petite BD et Renaud Monfourny photographie des rockers qui aiment sentir leurs chaussures. On comprend aussi pourquoi Lu Tipia préfère les chaussures en toiles et pourquoi Prosperi Buri ne se lasse pas de les dessiner.

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Pour ceux qui n’en auraient rien à cirer, essayez d’imaginer les Cramps en Moon Boots, Lemmy en Air Max, Jon Spencer en sandales, les Clash en Reebok Pump, Iggy Pop en Kickers ou les Strokes pieds nus.
Voilà pourquoi ce recueil de textes, photos, dessins et BD est indispensable pour avoir l’air d’un dur à cuir et pour bien taper du pied sur « Blue Suede Shoes », «Venus In Furs » ou « These boots are made for walking ».
Dommage cependant qu’il n’ y ait eu aucune allusion à la superbe pochette du disque de Jonathan Richman « goes country » où il achète une paire de santiags rouges. Et rien sur Dave Grohl non plus !

Disco-Babel/ Le Castor Astral

Olivier Rigout

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INTERVIEW PRIMAL SCREAM

Jun. 8th, 2006 | 05:39 pm

Stay out drinkin' till the morning comes!

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En 20 ans d’existence, le groupe de l’ex-batteur des Jesus & Mary Chain a publié une myriade d’albums ambitieux et déconcertants. Pourtant, depuis Sonic Flower Groove ou Screamadelica il est évident que l’écossais Bobby Gillepsie fait une fixation sur le rock’n’roll version New York Dolls. Avec une production plus sobre et moins électronique que celles de Kevin Shields ou Andrew Weatherall, ce dixième disque, « Riot City Blues », sonne comme un retour aux sources. Rencontre avec Gary Mounfield plus connu sous le nom de Mani depuis l’époque où il était le bassiste des Stones Roses.

Mani : Avec ce temps de merde (il fait gris et il pleut) j’ai l’impression d’être chez moi ici. On dirait Manchester.

OR: Ca tombe bien. La dernière fois que je t’ai vu c’était à Rennes, le temps était à peu près le même.

M : Ah oui exact, on a joué très tard et le public était fou. Je suis Irlandais, ça doit être une connexion spirituelle entre Celtes…Après nous il y avait ces Suédois en jogging rouges qui me faisaient penser aux Happy Mondays.

OR : C’était des Norvégiens en fait, Datarock. D’ailleurs, j’ai eu l’occasion de voir les Happy Mondays dernièrement…

M: Bez (le percussionniste des HM) est vraiment un mec drôle. Il a même gagné un jeu de télé réalité en Angleterre.

OR: Heu…Peut-être qu’on pourrait parler du dernier album non?

M : Ah ouais….ok je vois. Ok alors !

OR : Le disque est plus direct, moins conceptuel que les précédents…

M : On a tous grandi en écoutant et en reprennant les Stones, les Stooges, les MC5 ou les Dolls. Cette musique est en nous. C’est d’ailleurs pour ça qu’on reprend régulièrement « Born to Lose » de Johnny Thunders. Le rock’n’roll est la bande son de nos vies.

OR : On ne peut pas vraiment dire que vous avez eu la même carrière que les Dolls. Eux c’était « Too Much Too Soon » puis plus rien ! Vous êtes toujours adeptes du style de vie Thunders : sexe, drogues et rock’n’roll ?

M : Ouais, ouais…Heu…on se concentre de plus en plus sur la musique. Le sexe c’est le sexe. Quant aux drogues on en prend toujours mais moins qu’avant. Ca a failli détruire le groupe dans le passé. On a tous des familles voire des enfants, on ne peut malheureusement pas être défoncé tout le temps.

OR : Il vous arrive d’être complètement à l’ouest pendant les concerts ?

M : Oh oui, très souvent, c’est pour ça que j’ai un ampli basse de deux mètres, comme ça je peux m’appuyer dessus quand ça va mal.

OR: Dans le dernier single “Country Girl” Bobby reprend la célèbre phrase des Stones “What can a poor boy do?”. Qu’est ce que tu ferais si t’étais jeune et pauvre aujourd’hui?

M: J’aimerais bien être cuistot (il me montre fièrement des photos de poissons sur son téléphone portable). C’est moi qui les ai péchés et qui les cuisine pour mes frères. En tout cas je ne voudrais pas travailler la nuit. La nuit c’est fait pour faire la fête ! J’ai de la chance car Primal Scream c’est un loisir à plein temps. J’ai toujours voulu faire ça. Et plus je progresse, suis plus confiant. Nos héros c’était les Sex Pistols, les Clash. Au départ la musique c’était uniquement pour passer du bon temps et je suis fier d’avoir pu en vivre depuis vingt ans. Même si on s’est fait arnaquer par des requins, surtout aux débuts. Sinon il paraît qu’il y a plein de fric à se faire avec les religions. Je pourrais peut-être devenir gourou.

OR : Les paroles de Primal Scream ont toujours eu un côté religieux. Vous n’êtes pourtant pas des enfants de cœurs…

M : Quand j’étais petit j’allais à l’église, mais je me suis fait virer car je mettais mes mains dans mes poches. Sinon Bobby adore Johnny Cash, il écoute beaucoup de vieux blues qui parlent de Dieu, du Diable, du paradis et de l’enfer. La religion m’est tombé dessus, moi je suis plus spirituel, voire spiriteux que religieux en fait. D’ailleurs je sais jamais où me mettre pendant les mariages ou les messes…j’ai l’air d’un crétin en costard.

OR : J’imagine que vu le style de vie que vous menez vous êtes rarement en état de vous lever le dimanche matin pour aller à la messe.

M : Quand j’ai la gueule de bois, les cloches me cassent les oreilles. Mais je respecte les gens qui croient en une puissance divine. D’ailleurs moi aussi je cherche Dieu. Fais lui un signe si tu le vois.

OR : Ok je lui passe le message ! Le dernier disque est aussi plus Ecossais dans l’âme, plus folklorique avec des violons, de la mandoline et même de a cornemuse. Vous n’avez vraiment pas froid aux yeux.

M : Ce disque est un peu le squelette de notre musique. Finalement c’est assez proche de « Give Out But Don’t Give Up » dans l’esprit. Sauf que Bobby et les autres avaient été déçus par ce disque qui ne reflétait pas vraiment qui ils étaient à l’époque, leurs problèmes…Ils traversaient une crise, ils étaient accro à l’héroïne et le disque sonnait pourtant très joyeux. Le nouveau l’est aussi en quelque sorte mais notre façon d’écrire les morceaux n’a pas changé. Il y a juste moins de travail en studio, moins de production, ça sonne live. On se branche et c’est parti. Si tu écoutes « Miss Lucifer » sur le précèdent album « Evil Heat » c’est juste trois accords, du rock and roll à l’état pur qu’on a perverti en studio avec des ingénieurs.

OR : Justement les pubs pour vos concerts disent juste « PURE ROCK’N’ROLL ». Vous ne pensez pas que c’est galvaudé comme expression. Ca signifie encore quelque chose ?

M : Bien sûr, sinon on serait pas là. On se fout de la mode à la con avec ces t-shirts Ramones. Nous on veut secouer les gens. Mentalement et physiquement. Les émouvoir. Iggy Pop est toujours sur scène et je peux te dire que c’est pas de la variété qu’il fait. Je pense que sur scène Primal Scream prend tout son sens. On joue vite, fort, on transpire.

OR : « Riot City Blues » est quand même beaucoup moins violent et moins politique qu’Exterminator. Vous vous sentez trop vieux pour être en colère ou vous êtes devenus conservateurs ?

M : Merci ! Il y a effectivement moins de haine et de tension dans notre musique. Le disque est moins politique mais on est toujours en colère, à commencer contre nous même, contre l’industrie du disque et plein d’autres choses. Mais on veut pas se répéter et passer pour le groupe protestataire de service. Cependant nos paroles sont toujours subversives mais plus implicites, plus imagées.

OR : Bobby chante “I’ve got to keep on, keeping on”. Mais, continuer à faire quoi?

M : A continuer ! Etre dans le mouvement, faire de la musique, foncer tout droit. Tu sais dès qu’on rentre de tournée Bobby m’appelle pour aller jouer et me dit « j’en ai déjà marre de la vie de famille ». Alors on joue des reprises comme « To Live Is To Fly” de Townes Van Zandt ou « Gimme Some Truth » de Lennon qui vont être des faces B. Pareil, pour les balances des concerts on joue des vieux Stones ou « Rebel Rebel » de Bowie... palalapapa... palalalalapa… Ca serait bien de faire un disque de reprises.

OR : Vous faites quoi d’autre avant de monter sur scène ? Vous jouez aux dominos comme dans le clip de « Kowalski » ?

M : On boit beaucoup de vodka, on s’encourage mutuellement, on se souhaite bonne chance. On espère ne pas être trop bourrés, mais je ne pense pas que ça se remarque. On est très bon pour faire bonne impression…Sauf quand Bobby a les jambes qui tremblent…ou qu’au contraire il court partout comme au festival de Primavera où il avait pris trop de speed et courait sans arrêt autour de la scène, jetais son micro par terre toutes les trente secondes. Il était très drôle ce soir là. Généralement c’est après les concerts qu’on prend du bon temps, avec plein d’ecstasy par exemple. Ah tiens, regarde (il me montre son portable) il est trop beau ce poisson !

OR : On dirait que t’es plus fier de pêcher que de jouer dans Primal Scream…

M : Non, mais j’adore être seul dans la nature. Ca me procure un sentiment de liberté. Ceci dit j’aime bien la compagnie aussi. Et c’est tant mieux car les gens me demandent souvent des autographes et je prends plaisir à les signer. C’est même un honneur car j’ai l’impression de faire quelque chose de bien pour eux. Ca se trouve ils ont une vie de merde et je les aide à oublier ça. C’est pareil quand je suis DJ, je passe mes disques favoris pour égayer la vie des gens.

OR : Est-ce qu’il t’arrive d’avoir honte ou de regretter des choses? Certaines chansons, looks ou excès ?

M : Quand on a fait quelque chose, c’est fait. Sinon on se fait du souci, on se fait pousser des cheveux gris et tu finis pas mourir d’une crise cardiaque. « I Wanna Live Forever…”

OR: Dans les récentes interviews Bobby dit qu’il est devenu un père de famille respectable, qui borde ses enfants, passe l’aspirateur, reste chez lui le soir…pourtant ses paroles ne parlent que de débauche…

M : Ah ah, ce mec est hyper drôle ! Il raconte vraiment des conneries à longueur de journées ! On a une réputation à tenir, les gens veulent un groupe rock’n’roll, ceci dit Bobby est assez fort pour gérer sa double personnalité et alterner entre sa famille et le groupe.

OR : Qu’est-il arrivé à Kevin Shields et à Throb, les deux guitaristes ? Vous les avez abandonné sur une aire d’autoroute?

M : Non, ils sont moins doués pour faire coexister leur vie privée et celle du groupe, mais leur place est au chaud. En attendant on a un nouveau guitariste, un petit jeune qui s’appelle Little Barrie. C’est un chouette gamin, il joue de la soul avec son groupe ; son album a été produit par Russell Simins du Blues Explosion.

OR : Récemment j’ai vu le film Vanishing Point, vous aviez fait la BO pour le remake qui n’est jamais sorti. Kowalski, le pilote du speed challenger m’a fait penser à vous : un mec qui fonce tout droit, en prenant de la drogue et en ne se souciant de rien. Alors je me disais « The question is not when it’s gonna stop it but who is gonna stop it ? »

M : Même si on était pris en chasse par la police comme dans le film, on continuera à foncer jusqu’à s’écraser contre le bulldozer. Ca pourrait être la mort, la prison…

OR : La prison ? Vous avez des trucs à vous reprocher ?

M : Heu…bah c’est à dire que…..

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INTERVIEW BELLE & SEBASTIAN

May. 9th, 2006 | 11:02 am

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Le groupe de Stuart Murdoch fête son dixième anniversaire en beauté avec un nouvel album, "The Life Pursuit" (Rough Trade/Pias), rempli de titres pour chanter et même danser. Tout en poursuivant la démarche de production entamée avec leur précédente livraison "Dear Catastrophe Waitress", les écossais continuent de creuser le sillon pop qu’ils affectionnent depuis Tigermilk. Rencontre express avec Chris et Stevie dans le loges du Bataclan à quelques heures de leur concert complet.

OLIVIER RIGOUT : Bonjour Stevie…merde, t’aurais pas un stylo ? Le mien ne marche plus.

STEVIE JACKSON (guitares) : Heu, attends voir…(il m’en prête un).

OR : Bravo pour le nouveau disque et pour la black session d’hier. Vous avez l’air d’écrire plus facilement (comme moi avec mon nouveau stylo) et de vraiment vous amuser.

SJ : Je pense qu’on est tout simplement meilleurs et notre producteur Tony Hoffer qui a travaillé avec Beck et Air nous aide vraiment. Je pense que ça se voit vraiment sur des titres comme "The Blues Are Still Blue" ou "Sukie In The Graveyard". Notre son prend de l'ampleur tout en restant léger, même si chaque chanson peut tout simplement être jouée avec une guitare sèche. Aussi on tourne plus et les gens viennent nous voir avec plus de plaisir je pense…(Chris nous rejoint)

OR : D’ailleurs vous jouez deux soirs complets au Bataclan avec des tickets à 36 euros. Ca fait quoi d’être connu et d’avoir plein d’argent ?

SJ : Si t’appelles succès le fait de se faire accoster deux fois par an à Glasgow…En plus on se fait pas vraiment d'argent en tournée, vu qu’on est huit sur scène et qu’on a plein de matos à transporter.

OR : Vous ne pourriez pas faire des économies en virant un ou deux membres (rires) ?

SJ : Ah ah j’espère que Chris et moi ne sommes pas sur la sellette ! Trèves de balivernes, comme tu as pu remarquer on est pas des grands musiciens, c’est pourquoi on a besoin de chacun pour créer un son et des arrangements plus riches. Mais du coup on perd beaucoup de temps en tournée au niveau logistique et ça nous laisse moins de temps pour faire du tourisme, faire la fête et rencontrer des gens.

OR : Et ça vous manque pas trop l’Ecosse et les bières ?

CHRIS GEDDES (claviers) : Non parce qu’on a du Château Laffitte et du Jack Daniel’s dans les loges !

OR : A ce sujet j’ai appris que t’étais pas toujours sobre sur scène.

CG : Surtout aux débuts du groupe jusqu’à «The Boy With The Arab Strap », j’avais pas grand chose à jouer au clavier alors je tuais le temps avec quelques petites gorgées…Il m’arrivait de ne plus me souvenir de la fin du concert. Mais je le fais plus. Et comme tu disais, les tickets sont chers, j’ai pas envie de me faire lapider par le public.

OR : Justement, vu que ça fait dix ans que Belle & Sebastian existe, vous considérez le fait d’en être membre comme votre travail ?

CG : Plutôt comme un excellent travail dans une super entreprise ! Ca doit être pareil d’être footballeur. Mais ça ne me dérangerait pas d’être employé de bureau ou architecte.

OR : C’est quand même moins excitant, non ? Stevie il paraît que tu te tapes des groupies très facilement en mettant tes lunettes de manière sexy.

SJ : J’ai une copine…mais où est ce que tu trouves toutes ces informations débiles ?

OR : Sur votre site officiel.

SJ : Ah, ça c’est encore des conneries de Richard (le batteur) ! J’aime charmer les gens, heu les filles. En tout bien tout honneur, je ne suis pas un chaud lapin.

OR : Bon, pour revenir à la musique, il semble quand même qu’entre vos fans et vous la relation soit forte, au point que vous avez incorporé des questions/réponses dans le livret de votre dernier disque. Ca fait un peu enfantin.

CG : Tu déconnes ? C’est vachement intéressant ces questions : « Pourquoi Chris est si mignon ? », « Qui est le meilleur cuisinier du groupe ? », « Est-ce qu’on se remet d’un chagrin d’amour ? »... Bref, on continue de travailler dur pour que ce groupe fonctionne et jusqu’ici ça a fonctionné donc on ne va pas changer !

OR: Au fait j'ai appris que Stevie était allé voir plusieurs fois Bob Dylan en concert récemment. Il paraît qu'il fait pitié, vous voudriez quand même pas avoir une carrière aussi longue et subir le même déclin avec Belle & Sebastian?

SJ: Si seulement on pouvait être aussi "mauvais" que lui!

CG: Je ne sais pas où on sera dans dix ans mais ce que je peux te dire c'est que le nouvel album est le dernier. Au moins jusqu'au prochain.

OR: J'ai bien pris note, merci.

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INTERVIEW ADAM GREEN

Apr. 17th, 2006 | 12:21 pm

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Longue entrevue avec Adam Green quelques heures avant son concert parisien à la Cigale dont Jeffrey Lewis assure la première partie. Venu présenter son nouvel album Jacket full of danger (Rough Trade/Pias), le jeune New Yorkais, autrefois connu aux côtés de Kimya Dawson avec les Moldy Peaches, est une véritable pipelette. S’il est prolifique (c’est déjà sa quatrième livraison solo depuis 2002) son écriture ne cesse de s’affiner et les arrangements qui ornent ses comptines burlesques se font sans cesse plus classieux. Devant un public conquis d’avance qui n’hésitera pas à envahir plusieurs fois sur scène, Adam Green fait son crooner blagueur en alternant chansons récentes et anciennes dont la reprise des Libertines « What a waster ».

OLIVIER RIGOUT : Bonjour Adam, t’as l’air un peu nerveux pour ce soir… Pourtant je crois savoir qu’en Allemagne t’es une superstar habituée aux stades…

ADAM GREEN : Oui, là bas je suis comme Britney Spears ou Justin Timberlake ! Mais ce soir je joue avec un ensemble de cordes et en plus la salle est assez impressionnante (NDR « La Cigale »)…

OR : Est-ce que les allemands reprennent en chœur ta chanson « Mozzarella Swastikas » (NDR « Mozzarella en forme de croix gammées »)?

AG : Bien sûr, surtout si le public la demande !

OR : C’est marrant quand même, t’as commencé à écrire des chansons aux textes infantiles comme « Downloading Porn With Dave-O » et on dirait que t’as subitement pris un coup de vieux, que tu veux faire le crooner avec tes deux derniers albums…

AG : Tu sais j’ai un problème de prostate, je déconne pas. Et quand j’étais petit je me sentais déjà vieux, même si j’écoutais Black Flag, les Ramones ou Minor Threat.

OR : Là tu sembles plutôt dans ta période Scott Walker, Frank Sinatra, Natt King Cole…

AG : Et bien je suis devenu « straight edge » (NDR courant punk dont les adeptes ne boivent pas et ne fument pas). Enfin…par rapport à mon ancien mode de vie. Je ne suis bourré que deux fois par semaines. Et ma seule drogue c’est les somnifères.

OR : Bah j’espère que tu vas pas te droguer avant le concert de ce soir!

AG : T’inquiète pas ! J’adore les Français, je vais pas vous décevoir. J’ai grandi avec les disques d’Aznavour, Françoise Hardy, Brigitte Bardot, Gainsbourg (NDR il commence à chanter « Marilou sous la neige »). « Oh ma Lou il fallait que j'abrège ton existence c'est ainsi »…

OR : Stop ! On abrège aussi ! Certaines de tes chansons me font penser à celles de Jacques Brel, notamment à « Bruxelles ».

AG : T’as remarqué ? En fait ma chanson « Choke on a cock » en est complètement inspirée (NDR il commence à chanter). « C'était au temps où Bruxelles rêvait. C'était au temps du cinéma muet »…

OR : Chut ! Effectivement tes chansons peuvent aussi être chantées accapella. C’est comme ça que tu les composes ?

AG : Je pense à une mélodie, puis j’entends les accords qui vont avec. Je me focalise sur le rythme et les mots, et comme je me ballade toujours avec un dictaphone, c’est BINGO ! Mais çà me prend quand même beaucoup de temps pour écrire peu de choses au final.

OR : Tu sors quand même un disque par an. T’as peur qu’on t’oublie ?

AG : C’est plutôt un instinct de survie. Si j’en sortais moins je serais un feignant. Si j’en sortais plus ça ferait chier les gens. Je vais faire comme Iggy Pop à une certaine époque, sauf que je serai meilleur (NDR il rote).

OR : Merci !

AG : De rien !

OR : Justement, ta voix a aussi changé sur cet album, elle semble venir de plus de loin… Ca me fait penser à notre rappeur national Joey Star dont la voix est devenue rauque à cause du rhum…

AG : Je pense que c’est à la fois une évolution naturelle et la façon dont je veux que ma voix sonne. Mais pour revenir aux Français, vous fumez trop. Et des gitanes en plus !

OR : Message reçu cinq sur cinq capitaine ! Y-a-t-il d’autres choses que contre lesquelles tu voudrais nous mettre en garde ?

AG : Je déteste le thé Earl Grey ! Je m’en sers pour laver le sol ! Sinon je déteste aussi Courtney Taylor des Dandy Warhols !

OR : C’est noté. Tu détestes toujours le rap et la dance (cf la chanson des Moldy Peaches) ?

AG : En fait c’était plutôt écrit du point de vue de quelqu’un d’autre. Mais je déteste le disco et l’émo ! Mon créneau à moi c’est les chansons juives idiotes !

OR : Qu’est ce que tu ferais si tu n’était pas l’Adam Green qu’on connaît ?

AG : Je serais pilote d’avion ! En tout cas pas question de retourner travailler à Pizza Hut ! Je préfère faire le pitre et écrire des chansons qui mélangent passion, humour satirique, tragédie, grotesque…j’en passe et des meilleures !

OR : Pour finir, un petit exercice (NDR dresser son propre portrait sur le modèle proposé par les Moldy Peaches à l’arrière de leur disque en 2001).

AG: « Adam Green est [intelligent]. Ses disques ressemblent à ceux de [Britney Spears mixés avec le Velvet Underground]. Quand je l’écoute, j’ai envie de [faire sortir du lait de mes tétons]. Dommage qu’il soit juste une pâle copie de [Chopin]!! »

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THE TIMES THEY ARE A CHANGIN’ ?

Apr. 7th, 2006 | 02:22 pm

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“Admit that the waters
Around you have grown
And accept it that soon
You’ll be drenched to the bone.
If your time to you
Is worth savin’
Then you better start swimmin’
Or you’ll sink like a stone
For the times they are a-changin’”

Bob Dylan, 1963


Après avoir effectué un sérieux travail d’investigation, j’ai acquis la certitude que le rock était de retour. En même temps ceux qui s’intéressent à la politique le savaient déjà : en janvier dernier Bernard Accoyer président du groupe UMP à l’Assemblée Nationale avait prédit que « L’année 2006 serait rock’n’roll ». Allez savoir s’il avait prévu les manifestations anti CPE-Villepin ou le single des Wampas « Chirac en prison ». J’imagine qu’il devait plutôt faire allusion à la tuerie crossover rock/rap dégotée par Nicolas Sarkozy pour illustrer son spot vidéo « Mon Pays France ».

Oui, vous avez bien lu : Nicolas Sarkozy s’est mis au rock’n’roll. Si ça c’est pas un signe que le rock est de retour et que les temps changent. C’est d’ailleurs écrit noir sur blanc sur son blog officiel: « la société française est prête au changement ». Musicalement, la missive du ministre de l’intérieur oscille entre Saez et la Rumeur (le groupe de rap français qu’il avait traîné en justice pour délit de diffamation publique envers la police nationale) ! Et au niveau des paroles c’est assez engagé. Premier extrait : « trop de gens se plaignent de nos politiciens qui se tuent la vie tous les jours comme des chiens à se préoccuper du bien-être de tous les citoyens ». C’est marrant ça me fait penser aux Beatles: “ It's been a hard day's night, And I've been working like a dog “. Mais suis-je bête ! UMP ça veut dire « Union pour un Mouvement Populaire » : Union pour un Mouvement Pop.

Cependant les autres paroles sont bien plus violentes. C’est pourquoi on en vient à se demander si UMP ne signifie pas également « Union pour un Mouvement Punk ». Second extrait : « Certains abusent des dons financiers publiques/ Sans même avoir cotisé un moindre fonds d'ASSEDIC/ Aucun se rend compte que tout devient critique ». On croit rêver ! Sarkozy en arrive au même constat que les Wampas qui chantent : « J'attends 2007/ C'est mon seul espoir », « faut que j'aie confiance en la justice française », « Chirac en prison », « Pourtant y'a cinq ans j'avais voté pour lui ».

Sarkozy punk ? Pas vraiment étonnant quand on sait que la secrétaire générale adjointe du parti, Roseline Bachelot, « porte une véritable vénération à Iggy Pop». Qui sait, peut-être qu’en cachette elle s’écoute des disques des Dead Kennedys voire de leurs homologues français, les Dead Sarkozys !

J’en viens presque à croire que Sarkozy a fait de l’entrisme. Jusqu’à présent on ne lui connaissait que son amitié avec Michel Sardou à qui on avait envie de dire « arrête ton char Ben-Hur on goudronne ». C’est vrai que l’apologie de la peine de mort (Je Suis Pour) c’est un peu vieux jeu, tout comme la nostalgie du colonialisme (Le Temps Des Colonies). Faisant désormais table rase du passé, Sarkozy pose en véritable Joe Strummer français des années 2000. Troisième extrait de son brûlot : « Qui mieux placé que Sarkozy nous montre la réalité ?/ Je rêve que mon pays France reprenne vie/ Que le mouvement populaire nous redonne l’avenir ».
A côté de Chirac qui dîne régulièrement avec Johnny Hallyday, Sarkozy semble effectivement incarner la rébellion et la jeunesse.

Remarquez dans les autres pays, rock’n’roll et politique font bon ménage depuis longtemps. Par exemple, en 1970 Elvis avait adressé en 1970 une lettre à Richard Nixon où il dénonçait un complot communiste et demandait à être nommé agent fédéral. Le président des Etats-Unis avait alors remit à Elvis un badge du Bureau des narcotiques, en échange d'un Colt 45 (plaqué or) offert par le chanteur.
Dans le même registre, l’ex-président de la République Tchèque, Vaclav Havel était pote avec Frank Zappa et Lou Reed. En tant que fan du Velvet Underground, il a même nommé le renversement pacifique du gouvernement communiste en 1989 « la révolution de velours ».
Tony Blair, guitariste à ses heures perdues et Oasis vidaient également des flûtes de champagnes ensemble. Un soir de 1996 aux Brit Awards, Liam Gallagher complètement défoncé, avait même déclaré devant des millions de téléspectateurs « Tony Blair me redonne espoir : Power to the People ».

Alors désormais c’est sûr ; en France les temps changent. Le rock est de retour. Tout le monde est rock. Tout le monde est rebelle. Même Nicolas Sarkozy, même l’UMP. Même Le Figaro, même Zara, même LVMH, même SFR, même Canalsat… Et dire que certains ringards croient que 2006 c’est l’année de Mozart !
Tout le monde est rock. Tout le monde est rebelle. C'est-à-dire personne. Car l’essence même du rock c’était la transgression des règles en vigueur. Etre un freak ou comme dirait Howard Becker, un déviant, un outsider. C’était se mettre en danger. Inventer. Avoir des convictions en porte-à-faux avec celles des aînés. Etre contre quelque chose. D’où la libération des corps par Elvis, la libération des esprits par Dylan…

Dans un essai intitulé « Révolte consommée, le mythe de la contre-culture » deux universitaires canadiens nommés Andrew Potter et Joseph Heath expliquent d’ailleurs pourquoi être rock dans la forme revient au fond à nier son sens originel: « Voilà trente ans que les mouvements « jeunes » qui ont fait des révolutions et brandi bien des guitares, pensent incarner la rébellion face à une société capitaliste méchante et injuste. Mai ces contre-culturels se trompent. Ils sont le centre de la culture aujourd’hui, et les valeurs rock and roll qu’ils défendent, individualisme, épanouissement personnel et culte du cool, sont exactement celles prônées par le capitalisme et la branchitude. Cette dernière étant l’avant-garde de la culture populaire ».
Alors ? « Qui mieux placé que Sarkozy nous montre la réalité » ? Depuis toujours les sociétés ont besoin de héros et de nouveaux signes auxquels s’identifier. Le crépuscule des idoles n'est donc ni pour aujourd'hui ni pour demain. Or, il est actuellement évident que de la « contre-culture rock » est devenue monotone, régressive et passéiste. Pour le sociologue Ugo Palheta « elle semble avoir été prise dans un cercle vicieux car perpétuellement récupérée, diffusée et affadie par l'esprit de sérieux des raisonnables et des assis ».
Si les temps changent c’est que l’illusion du cycle de la mode fonctionne à merveille. Et le conformisme est alors érigé en anticonformisme. Pourtant si Hendrix avait vingt ans aujourd’hui, il s’exprimerait sûrement avec autre chose qu’une guitare…

« Dans un siècle corrompu, le plus sûr est de faire comme les autres ». Sade (Justine)

OLIVIER RIGOUT

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INTERVIEW EXPERIENCE

Mar. 30th, 2006 | 02:59 pm

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Dans les années 1990 Diabologum avait réussi à se faire un nom grâce à ses compositions lancinantes et quasi suicidaires. Le groupe s’est dissout pour donner vie à Programme
et à Expérience qui a sorti fin 2005 son troisième et meilleur album. Et qui plus est, un album de reprises qui reflète fidèlement la démarche du groupe. Si le pari était risqué et les mauvaises critiques toutes prêtes, force est de constater que le résultat est surprenant. A la fois par l’éclectisme du tracklisting que par la cohérence qui s’en dégage.
Il y a évidemment du punk (Shellac, Pussy Galore), mais aussi du hip hop ( A Tribe Called Quest, NTM, ODB, Public Ennemy), du folk ( Mendeslon, Bonnie Prince Billy), et même de l’inclassable ( Public Image Limited, Moonshake, Gil Scott Heron, Costes). Le tout sur fond de guitare noisy, de rythmiques lourdes, avec des paroles mi-parlées, mi-chantées et mi-hurlées.
Mais le véritable tour de force d’Expérience est bel est bien la réinterprétation de chansons plus ou moins connues. En effet, malgré leur différence de registre, tous les titres semblent avoir été composés par le groupe tant la hargne, le désespoir et la rébellion se fait sentir. Paradoxalement, le sens originel des chansons, même celles dont le texte a été francisé, ne semble pas avoir été dénaturé. S’agit-il d’une alchimie particulière ? La contre expérience semble confirmer cette piste.

OLIVIER RIGOUT : Dernièrement je me suis retrouvé pour la première fois et par hasard dans un karaoké et il y avait du Bashung, Dion, Cure, A-Ha…Vous auriez aimé être là ?

Michel Cloup (Chant/Guitare) : Oui surtout si c’était des versions réenregistrées. En fichier midi, bien moche quoi !

OR : Pourriez-vous expliquer le titre du dernier disque (ndr « Positive karaoké with a gun/ Negative karaoké with a smile ») ?

MC : En fait au départ il s’agit d’une blague. Pendant la tournée de promotion pour notre précédent album « Hémisphère gauche » le public reprenait en cœur les paroles « pauvres petits occidentaux ».

OR : Justement, les chansons que vous reprenez ont un côté sombre, presque malsain qui tranche avec l’idée qu’on se fait généralement du karaoké.

MC : C’est vrai que le disque n’est pas forcément joyeux mais c’est quand même fédérateur, pour faire la fête. Disons une fête sanglante : « qu’est ce qu’on attend pour foutre le feu ? ».

OR : C’est vrai que Votre album c’est du punk si on regarde les artistes auxquels vous faites référence…Comme dirait Rock & Folk, c’est quoi être rock pour vous ?

MC : Notre idée c’est de faire un groupe indépendant, de travailler entre nous. On se fout du discours « officiel », « engagé », où tout est blanc ou noir. On est dans une époque compliquée alors on essaye de retranscrire ça sur disque. Voire de l’expliquer. Je ne me reconnais pas du tout dans ces groupes soi-disant glamours pour qui le slogan « sexe, drogue et rock’n’roll » est une parole d’évangile. On dirait des singes en cage complètement déconnectés de la réalité, du public. Moi j’essaye d’être le plus honnête possible.

OR : Ca me fait penser aux groupe les « Detroit Cobras », ils ne font que des reprises garage soul car ils préfèrent rendre hommage à leurs groupes préférés plutôt que de les imiter en moins bien.

Widy Marché (guitare) : On ne connaît pas. Notre démarche est plus ludique, on a tout enregistrer par nos propres moyens et en peu de temps : un morceau par jour. Après on a pas essayer de reproduire les chansons à la note près.

OR : Vous reprenez les morceaux de Gil Scott Heron et de Bonnie Prince Billy en traduisant les paroles en français. C’est pour mieux vous réapproprier les chansons ou pour passer à la radio avec les quotas ?

WM : Au moment de jouer, on se disait « comment faire ?», donc on a essayé plusieurs méthodes entre la reprise traditionnelle, limite fan, et celle plus dérangeante.

OR : Y a-t-il des reprises que vous avez foirées et qui ne sont pas sur le disque ?

WM : Non, toutes celles qu’on a essayé on les a mises. Soit on « sent » la chanson soit non. Mais disons qu’on ne se pose pas la question de savoir si c’est bien ou mauvais. Ce n’est pas à nous de décider. En fait on a choisi les titres naturellement, pour travailler différemment en se faisant plaisir. Même si tous les titres ne sont pas évidents, en particulier « This is not a love song » de Pil.

OR : Vous chantez « que la révolution ne sera pas télévisée » ; vous en pensez quoi des manifestations anti-CPE ?

MC : C’est du beau folklore organisé. C’est certes mieux que rien du tout… On vit quand même dans une époque lisse et ennuyeuse. Il faut essayer de bousculer les choses, de provoquer des réactions. Mais ça ressemble à un spectacle. C’est comme le rock paillette.

OR : En parlant de paillettes, le célèbre chanteur Raphaël français a déclaré en interview qu’il n’avait pas entendu parler du CPE…

MC : C’est son agent de communication qui a du être content ! Qu’il reste là où il est. Mais on va pas commencer à s’attaquer à ces gens là…Obispo, Pagny…
WM : On a des combats plus importants à mener.

OR : Ah oui, lesquels ?

MC : Eh bien, faire son truc personnel, jouer à l’étranger… On aime plein de petits groupes comme Diabologum, Programme, Non Stop, Amanda Woodward…On se sent proches d’eux, c’est notre famille. On évolue dans cette sphère. On essaye de faire tout par nous-mêmes. On a pas les moyens des gros annonceurs, on paye pas les journalistes pour qu’ils écrivent sur nous.

OR : Vous êtes affiliés à la scène punk voire hardcore mais vous êtes également proches du milieu hip hop…

MC : C’est vrai qu’on aime le hip hop old school, et La Caution avec qui on a joué. Au départ on trouvait TTC, Stupeflip et le Klub des Loosers pas mal mais on est assez déçu au final. Soit par leurs attitudes soit par leur musique.

OR : Question entretien d’embauche pour finir : pourquoi c’est bien Expérience?

MC : Heu…je peux juste te faire part du meilleur compliment qu’on nous ait fait : « votre musique me rend heureux quand je rentre du chantier ».

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INTERVIEW Prototypes

Mar. 27th, 2006 | 06:04 pm

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Trio français et francophone, né des cendres encore incandescentes de Bosco, Prototypes a réussi à se forger un univers propre plutôt sale. Normal quand on s’est fait connaître avec un premier single intitulé « Danse sur la merde qui passe à la radio». Malheureusement pour eux les programmateurs radio ne se sont pas précipité pour nous éclabouser les oreilles avec ce titre à la fois drôle, entêtant et moulé pour les hits parades. Si nul n’est prophète en son pays, Protoypes semble carrément victime d’une incompréhension voire d’une haine de la part de certains critiques qui leurs reprochent d’être signé chez Universal (comme PJ Harvey, les Yeah Yeah Yeahs, les Scissors Sisters ou les Hives…) et de cracher dans la soupe. Pourtant, si de loin les paroles ont l’air idiotes, elles sont loin de l’être et ont l’avantage de pouvoir être chantées à tue-tête. De plus, les références à Lio, Taxi Girl, Tom Tom Club, PIL, au mouvement Yéyé, aux B 52s ou encore à Jacno sont plutôt de bonne augure et les chansons généralement convaincantes.

Olivier Rigout : Ces derniers temps comme titres de disques français on a eu: Portrait Robot (Burgalat), Robot Après Tout (Katerine), Human After All (Daft Punk) et le votre Mutants Médiatiques. Comment expliquez-vous cette coïncidence autour de la relation Homme/Technologie?

Isabelle Le Doussal (chant): La technologie est de plus en plus envahissante, ça facilite beaucoup de choses et en complique certaines. Mais elle est inspire et incite d’autant plus à vouloir affirmer sa singularité au milieu des singes...

OR : Vous avez un site officiel, un blog et une page myspace, vous cherchez à créer votre médiatisation?

ID : Il est plus agréable d’essayer de contrôler soi même sa médiatisation que de laisser quelqu’un d’autre le faire! On est assez fans de ces outils de communication qui permettent une mise à jour en temps réel de l'actualité. Le blog et le myspace nous permettent une plus grande proximité et flexibilité sur nos infos.

OR : Et ça marche comme technique?

ID : Toute forme de communication tels que les fanzines, les clubs, les discussions, sont nécessaires pour constituer un public. Avec Internet on peut atteindre beaucoup de gens, sans pour autant se substituer aux médias radio et TV. L’avantage est de mieux cibler les gens : ça évite les spams inutiles dans tous les sens.

OR : Quelles sont les dernières merdes qui passent à la radio et vous donnent envie de danser?

ID : Tiga, Madonna, on attend avec impatience le nouveau Kylie.

OR : C'est quoi d'ailleurs une chanson merdique pour vous?

ID : Pas systématiquement une mauvaise chanson, parfois même plutôt efficace. Mais un titre qui bascule trop facilement dans la séduction à tout prix. Comme une sorte de fille facile... Pas forcément moche, voire même belle parfois, mais un peu trop aguicheuse pour être honnête...

OR : Et une bonne ?

ID : C'est plus difficile, les règles sont moins écrites. Ca tient souvent de la bonne surprise. Un groupe détestable peut d’ailleurs faire de bonnes chansons. Souvent les bons morceaux sont soit ceux qui se dévoilent petit à petit, très subtiles, ou alors un morceau simplement juste et efficace avec le minimum d’ingrédients. Le bonheur!

OR : Vous avez une chanson qui s'appelle "Tir aux pigeons" c'est parce qu'il vous arrive de prendre des déjections sur la tête?

ID : Ben oui comme tout le monde! Et ça n’est jamais agréable bien sûr. Mais bon, les volatiles ont assez de problème comme ça! Alors, disons que cette chanson parle surtout des gens qui sont décisionnaires, ceux qui ont le destin d'autrui entre leur mains. Et pour être franche, ça nous agace un peu...

OR :Houlala ! Vous n'avez pas peur que Brigitte Bardot porte plainte contre vous à ce sujet ?

ID : Elle peut toujours, on lui répondra: rien a voir, hors sujet B.B. !

OR : Trêve de plaisanteries, votre dernier album est moins Yéyé, pourtant vous chantez toujours en Français: quelle est votre motivation? Quels sont les chanteurs francophones que vous admirez?

ID : On n’est pas particulièrement fans de musique francophone. Le français est notre langue maternelle, avant d’être une passion dans la chanson. Nos références sont d’ailleurs plutôt anglo-saxonnes. Chanter en français nous a semblé la façon la plus logique et fidèle pour décrire notre quotidien, et la plus honnête pour raconter des histoires.

OR : Le dernier album est plus posé, disons moins dansant: vous vous sentez vieux?

ID : Pas plus qu'il y a deux ans... Certes, les beats sont moins robotiques et les sons moins synthétiques. Mais l'ensemble n’en n’est pas moins dansant pour autant. Cet album est au contraire plus vivant selon nous.

OR : Dernière question "entretien d'embauche": pourquoi faut-il venir vous voir en concert plutôt qu'un autre groupe?

ID : Parce qu'on propose un spectacle incluant pyrotechnie, dressage d'animaux et femmes nues !

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EMILY LOIZEAU @ FARGO ALL STARS (Maroquinerie)

Mar. 19th, 2006 | 09:56 pm

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"Je ne parle jamais en écoutant de la musique, en tout cas de la bonne musique. Si l'on écoute de la mauvaise musique, c'est un devoir de la noyer sous un flot de paroles"

O.Wilde in "Le portrait de Dorian Gray"

Malgré le bas niveau sonore dû à la formation acoustique (piano, batterie et violoncelle) on n'entendait qu'elle. Emily Loizeau. La musique. Bref, l'oiseau-lyre pour qui ce concert constituait un "baptême", selon ses propres paroles

Et qui plus est, un baptême de l'air musical très réussi. Ainsi, en déployant des mélodies aussi riches que les couleurs du plumage d'un paon, Loizeau s'est envolée vers "l'autre bout du monde". C'est à dire son premier album, dans lequel elle a picoré afin de charmer le public avec son ramage unique et son humour malicieux. Il s'agissait là d'une véritable invitation au voyage entre chanson française, jazz manouche et balades pop.

Non contente de faire la (basse) cour à l'auditoire et ce malgré l'absence de décolleté pigeonnant, elle a également séduit le talentueux songwritter Neal Casal qui l'a prise sous son aile pour un duo final planant.

Espérons juste que ce concert n'était pas son chant du cygne.

OLIVIER RIGOUT

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INTERVIEW AIWA

Mar. 3rd, 2006 | 12:11 pm

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Signé sur l'obscure label Wikkid, le collectif rennais s'est progressivement imposé en tant que groupe spectaculaire à la fois sur disque et sur scène. Fort d'une tournée mondiale qui leur a permis de travailler avec Tricky et Jamalski entre autres, les sept rennais viennent de publier leur second album "Elnar" (ndr "le feu"). Plus organiques et toujours aussi éclectiques les compositions oscillent entre funk, dub et hip hop parfumés de saveurs orientales percutantes. Rencontre avec les deux frères Irakiens, Naufalle puis Wamid.

Ghislain Chantepie et Olivier Rigout: Bonjour, on va commencer par une question simple : comment tu t’appelles ?

Naufalle (chant): Naufalle, N-A-U-F-A-L-L-E.

GC/OR: Bon, comme on a pas trop préparé l’interview, on va parler de vos influences.

N : Comme on est beaucoup dans le groupe, et qu’on écoute plein de disques, c’était une évidence qu’il y ait aussi bine du jazz, que du Hip Hop, de la musique arabe, du dub…En plus vu que moi et mon frère qui fait la basse sommes Irakiens, on ne voulait pas que notre musique soit définie comme de la « drum and bass orientale » ou je ne sais quoi.

GC/OR : A vous voir sur scène on sent que vous avez beaucoup jammé, quand avez-vous eu l’idée de vraiment écrire des chansons ?

N : La formation de départ n’a cessé d’évoluer. Maintenant on s’est stabilisé à sept et on a découvert l’écriture vers 1995 avec… l’achat d’un sampler. Ca nous a appris à structurer à partir d’un squelette électronique. Mais c’est vraiment avec le second album qu’on a « composé ». C’est notre « disque de la maturité ». Ahaha !

GC/OR : Oui mais pour tout vous avouer, on n’a rien compris aux paroles, même à celles de Severine…

N : En fait elle chante en anglais, mais fait beaucoup de vocalises, c’est pourquoi on dirait du scat. Elle évoque plutôt des thèmes personnels alors que moi j’essaye plutôt de donner mon point de vue sur la vie, en tant que franco-arabe ou arabo-français. Je ne verse pas vraiment dans la dénonciation politique mais disons que mes textes sont des chroniques de ma vie, et parfois des relations orient/occident.

GC/OR : Quand vous jouez de la musique, quelle est votre motivation, à qui vous adressez-vous ? On pensait que le public allait être plus métissé ce soir…

Wamid (basse) : Au départ, on cherche à faire danser les gens, après on joue pour n’importe qui. Disons plutôt pour tout le monde.

GC/OR : Pouvez-vous nous parler de votre mini succès et du label Wikkid ?

W : C’est super ! Ils nous laissent faire tout ce qu’on veut. On a vendu 5000 disques déjà et on est distribué dans 29 pays.

GC/OR : Comment ça se fait ?

Wamid : L’Alliance Française nous a beaucoup aidé pour ça. Elle nous trouve des plans. On a joué en Pologne, en République Tchèque…Même en Italie, alors qu’on pensait qu’ils n’écoutaient que de la variété de merde. On s’est aperçu qu’il y avait un public nombreux et demandeur de dub, Hip Hop…

GC/OR : Vu que vous venez de Rennes, il vous arrive de jouer devant des punks à chien ?

W : C’est bien qu’on parle de ça ! Rennes, c’est une ville qui bouge beaucoup, c’est assez populaire et convivial. Mais ça s’appauvrit et en plus on a une prefette qui ne fait qu’empirer la situation. Tiens, la semaine dernière j’ai vu des jeunes, pas des voyous, mais des étudiants en sciences sociales, en lettres, se faire gazer pour rien par les CRS ! La culture parlementaire est vraiment mise à mal.

GC/OR : Un mot sur les Transmusicales ?

W : Sans jouer le vieux con c’est vrai que « c’était mieux avant ». Disons que c’est comme la disparition des petites épiceries dans les centres-villes. Maintenant il faut aller dans des centres commerciaux en périphérie pour consommer. Le coup des Trans dans des hangars à perpette c’est la même chose. Du coup, bye bye le festival off. Je dis pas que de temps en temps il n’y a pas une poubelle de renversée ou brûlée, mais en général il n’y a que très peu de fouteurs de bordel. C’est pourquoi avec les manifs contre la prefette on se sent vivre.

GC/OR : Et pour oublier cette triste réalité vous êtes plutôt bière ou joints ?

W : Les deux, d’ailleurs il reste plus rien ce soir !

GC/OR : Dernière question, est-ce que votre rêve c’est de vivre de la musique ?

W : Bien sûr mais on se fait pas d’illusions. Dans le groupe tout le monde travaille, ou est étudiant, moi je suis intermittent du spectacle. Et puis vous savez, même le mecs d’Asian Dub Foundation galèrent…

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INTERVIEW BREAKESTRA

Feb. 20th, 2006 | 09:50 am

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Dans les années 1980, Miles Tackett passait ses disques préférés dans des soirées hip hop et breakbeat en Californie. Ce n’est qu’en 1999 que ce DJ, accessoirement guitariste et bassiste de génie décide d’écrire ses propres morceaux dont Getcho Soul Togetha qui attire l’attention du label Stone Throw (Madlib, MF Doom, Quasimoto…). Un an après sort le premier album de Breakestra intitulé « The Live Mix Part 2 » qui est essentiellement constitué de reprises de morceaux des années 1960/70s. Reprises tellement bien interprétées (ce son, cette conviction !) que même ?uestlove de The Roots les samplait en pensant avoir affaire à de vieux enregistrements. Cet album leur permet ainsi de rencontrer De la Soul, Dj Shadow ou encore Macy Gray, avec lesquels ils collaborent ou assurent les premières parties de concert.

Tackett qui déclare que « le hip hop est la seule musique capable d’emmener le funk dans le 21ème siècle » décide alors d’employer les services du MC et percussionniste Mixmaster Wolf afin de donner plus d’ampleurs à sa musique. En tant que perfectionniste Tackett rassemble une armée d’excellents musiciens (saxo tenor, trompettes, batterie, Fender Rhodes, trombonne, flutes…) et passe quatre ans à Los Angeles, à composer et enregistrer treize chansons originales. Treize joyaux formant un ensemble chaleureux et cohérent qui en 2005 est présenté sous le nom de Hit The Floor. Cet album sorti chez Ubiquity Records qui contient notamment le tube Family Rap (avec Chali2na et Soup de Jurassic 5) est défendu sur scène par huit musiciens incroyables dont les prestations endiablées font penser à celles de Lee Fields, Daps Kings, Maceo Parker, Sly and the Family Stone ou encore James Brown.

Olivier Rigout : Comment avez-vous décidé de passer le cap et d’écrire vos propres morceaux plutôt que de faire des reprise ?

Miles Tackett : C’était un besoin, une envie naturelle de faire ma propre musique funk. Au départ j’avais fait “Getcho Soul Togetha” pour voir si je pouvais écrire une chanson qui sonne comme la funk que j’aime. Que la musique et la production soient chaudes, brutes et puissantes.

OR : J’imagine qu’il vous arrive de rencontrer des abrutis qui croient que le funk est has been…

MT : Je n’essaye pas de convaincre les gens de toute façon. Je ne m’en fais pas du tout pour le genre qui selon moi, a toujours sa place dans nos vies.

OR : Justement, vous vivez à Los Angeles ; qu’est ce que vous aimez dans cette ville ?

MT : Modestement, je dirais que le mieux c’est quand je suis DJ. Je passe du funk et du Hip-hop. Sinon le must c’est de foutre le feu en concert avec Breakestra.

OR : Et qu’est-ce que vous détestez à LA ?

MT : Le fait que tout ferme à 2H du matin.

OR: Ah oui c’est dur ça ! C’est ce qui vous pousse à vous exprimer via vos instruments ?

MT : Non…enfin, je puise mon inspiration dans tout ce que je vis : les relations amoureuses qui foirent, les fêtes, même celles qui finissent à 2H...la frustration de se sentir impuissant face au monde extérieur. La musique est un langage universel, et je suis heureux de communiquer de cette façon.

OR: Et donc quels sont les artistes actuels avec lesquels vous communiquez spirituellement ?

MT : Il y en a plein, Sharon Jones et les Dap Kings, Antibalas, Poets of Rhythm, les White Stripes…J’adore aussi Supergrass et les Bees…je vais pas commencer à tout énumérer sinon on n’est pas sorti de l’auberge.

OR: At last but not the least, question « liste pour le père noël » : les artistes avec lesquels vous aimeriez travailler?

MT : J’adorerais faire quelque chose avec certains MCs comme Ghost Face, Cold Crush Brothers, Latte de Flavor Unit, les Jungle Brothers. De toute façon, on ne peut pas tout prévoir, le hasard fait parfois bien les choses…une fois de plus, si je commence à tout te raconter on va y passer la nuit.

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INTERVIEW White Hassle

Feb. 19th, 2006 | 03:11 pm

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White Hassle délivre depuis huit ans un heureux mélange entre folk, blues et pop. Leur musique n’est donc pas très urbaine même s’ils viennent de New York et ont partagé l’affiche avec le Blues Explosion, The Walkmen et Pavement entre autres. Il arrive également qu’un scratcheur se joigne à eux sur certains titres. Révélé outre-Atlantique en 2003 grâce à l’album « The Death of Song » et le single « She’s dead », le groupe à géométrie variable mené par le chanteur/harmoniciste/guitariste Marcellus Hall, n’a cessé de gagner les faveurs du public et de récolter d’encourageantes critiques. Chaque chanson est écrite à l’ancienne : une voix et une guitare. La seconde guitare (pas de basse) et la batterie viennent enrichir les mélodies et soutenir le rythme ce qui leur permet d’avoir un son plus percutant et évite aux chansons de tomber dans le cliché. Précisons que si le groupe s’inscrit dans la plus pure tradition folk il ne verse pas pour autant dans le revival. White Hassle ne vendra surement jamais des millions de disques et ne révolutionnera pas la musique, mais a au moins le mérite d’écrire d’excellentes chansons qui restent dans la tête.

Olivier Rigout : Je vous ai connu avec l’album « The death of song », et dans le dernier album tu chantes “you want a singer baby, a singer songwritter maybe: someday I'll be both of these": vous n’arrivez pas à écrire de bonnes chansons selon toi ?

Marcellus Hall : Nos paroles sont plutôt à prendre au second degré. En fait je pense que les meilleures chansons, comme les meilleures oeuvres sont celles qui mêlent humour et pathos.

OR : Quels sont les artistes qui y arrivent le mieux à ton avis?

MH : Leonard Cohen, Hank Williams, Bob Dylan, Randy Newman, Johnny Rotten, Mark E. Smith, Jonathan Richman, Marc Chagal, Raymond Pettibon, George Grosz, Ernst Ludwig Kirchner, Paul Pezanne, Robert Crumb, Arnold Roth...

OR: Votre dernier album s’appelle “Your Language” et une chanson s’appelle « Vodka Talking » ; vous buvez pour affronter votre timidité et aborder les gens ?

MH : Non pas vraiment, je me prends rarement des cuites, ce qui est d’ailleurs sûrement mieux pour parler aux gens.

OR : Parlons communication alors : comment avez-vous eu l’idée de vous appeler White Hassle, ce qui phonétiquement ressemble à White Asshole (ndr « trou du cul »)…c’est pas très malin.

MH : En fait c’est un jeu de mots sur la chaîne de restauration rapide américaine et spécialisée dans les hamburgers : White Castle. Et ça ne ressemble à « Asshole » que pour ceux qui ne prononcent pas le « H », comme en France…

OR : Et dans votre label français, Fargo, personne ne se trompe ? Vous êtes potes avec d’autres groupes ?

MH : Bah je sais pas trop vu qu’on ne connaît pas Fargo très bien en fait. Mais on aime bien Clem Snide, qui sont aussi de NYC et on a récemment rencontré les Lords Of Altamont. Et on a un pote qui vient d’emménager dans une collocation avec Neal Casal, je crois qu’il s’appelle comme ça.

OR : Oui, je connais. Y-a-t-il des artistes que vous détestez ?

MH : La liste est longue, mais sans réfléchir: Stan Getz, Miles Davis, Stanley Clarke, Mariah Carey, George Gershwin, Limp Bizkit, Garth Brooks, Puff Daddy, Belle & Sebastian….

OR: Vous téléchargez des morceaux sur Internet?

MH: Oui bien sûr. Récemment j’ai telechargé Jive Talkin des Beegees, Happy Birthday de John Lennon et Ode to Billy Joe par Bobbie Gentry.

OR : Dans le disque il y a une reprise du classique « You’d be surprised » en duo avec Shivaree. Quelle est votre approche en terme de reprises ?

MH : Tout est dans le titre de cette chanson…Mais la meilleure reprise du monde est « Satisfaction » par DEVO.

OR : Bien, avez-vous repris d’autres chansons qui pourraient nous surprendre et dont vous avez honte ?

MH : Je pense surtout à « Fixin to die » de Bukka White (aka Booker T), chanson popularisée par Bob Dylan. Le résultat était vraiment pas top.

OR : Vos influences sont plutôt traditionnelles (folk, blues, country…), êtes-vous des fétichistes du matériel vintage ?

MH : Je ne sais pas me servir de Cubase ni autres Pro Tools et mes instruments de prédilection sont ma guitare Danelectro et les harmonicas Hohner.

OR : Vous écoutez quoi comme artistes ou styles musicaux plus récents ?

MH : De l’Opera, du Rock, du Rap, du Gospel... Eddie Rabbit, Kraftwerk, Whitesnake, Perry Como,
Bonnie Raitt, Railroad Jerk, Jesus Lizard…

OR: J’ai lu dans votre journal de bord que vous aviez eu la poisse la dernière fois que vous êtes venus en France. Mis à part le fait que tout le monde croit que le nom du groupe est « trou du cul », vous déclariez que vous vous êtes fait voler de l’argent, qu’aucun de vous n’a baisé et que vous vous êtes fait arnaquer dans une boite à Strip-tease. Alors « is life still sweet » comme vous le dites dans votre chanson ?

MH : Héhé !! Mais bien sûr, il faut juste faire des efforts parfois !

OR : Dernière question : ton top trois des pires et meilleures choses en tournée :

MH : Le trio gagnant des trucs cool : voir des superbes paysages, rencontrer plein de gens (et accessoirement embrasser…) et danser. Le revers de la médaille : conduire, trouver de la bouffe correcte et faire la lessive.

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LE RETOUR DU ROCK: just like starting over?

Feb. 14th, 2006 | 12:58 pm

“Hey Hey My My Rock’n’roll will never die” !
Neil Young, 1979, album Rust Never Sleeps

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Pauvre Mick Jagger! Se faire censurer en plein super bowl pour quelques textes osés, « you’d make a dead man cum » et « now I’m just one of your cocks ». Et de façon totalement ridicule, genre frappe chirurgicale : en coupant son micro aux moments précis ! Comme la cigarette de Macca sur la pochette d’Abbey Road : à la trappe. Et oui, c’est que le rock n’en finit pas de faire son retour depuis cinq ans. Mais clean, comme revenu d’une cure de desintox. T Shirts « I love Rock’n’roll » chez Pimkie, platines vinyl en vitrines de magasins, les remix des tubes à guitares, jeans Levi’s revenus à la mode, Iggy Pop dans une pub idiote, strings Motorhead chez H&M, guitares vintages hors de prix accrochées aux murs des restos, la nouvelle scène garage parisienne, les top models en cuir, les pages de Cosmo ou Elle consacrées aux rock stars…

Même vos parents adorent. Même la gérontocratie qui étouffe la France adore. « Tous à vos déguisements : payez chers vos places de concerts, vos disques, vos fringues et faites pas chier … » Les groupes sont désormais qualifiés de « sympa », voire « super sympa » : quel enthousiasme ! Normal, la quasi-totalité des groupes « rock’n’roll » quelque peu médiatisés font exactement ce que les vieux attendent d’eux : générer du business en faisant revivre le passé, une fois les défauts, le sulfureux et le sale gommés.

A-t-on oublié que nos chers amis Beatles ont écrit des textes misogynes “you’d better run for your life if you can little girl, if I catch you with another man it’s the end”, que Brian Jones le fondateur des Stones trippait sur le III Reich, qu’Elvis se droguait, que Teenage Kicks parlait d’éjaculation précoce, qu’Ike battait Tina, que Jerry Lee Lewis a sûrement tué et violé « it’s good for you honey, it won’t do you no harm », que la seule paye des musiciens de Little Richards était le droit de sucer leur boss, que Sid a failli balancer Nancy par la fenêtre, que Chuck Berry faisait partie de la pègre, qu’Hendrix est mort défoncé dans son vomi, j’en passe et des meilleures…

De tous ces groupes et artistes qui ont changé l’histoire de la musique, on n’a retenu que le côté carte postale style « Carnaby Street ». Style « That Seventies show ». Les ersatz actuels des gloires passées (ces losers, ces marginaux autrefois érigés en héros) ont bien intégré la logique des recruteurs de talents. Tout dans la forme et rien dans le froc. Pas de conception sociale ou d’opinion politique trop marquées. Bref ils marchent au feeling comme les DRH cherchent des profils originaux, c’est dire l’excitation.

Pour en revenir aux Stones, pas étonnant que leur logo « langue rouge » (dessiné par John Pasche) soit resté comme l’élément le plus évocateur de ce qu’ils représentent : un label, une marque de fabrique, une sorte de grade universitaire surtout utilisée à partir du milieu des années 1970 pour se vendre et faire tourner leur fonds de commerce. Est-il nécessaire de rappeler qu’ils commençaient alors à sortir leurs premiers disques insipides et ignorés.

Alors Jagger peut bien se plaindre d’avoir été censuré en 2006 mais c’est sûrement ce qui est arrivé de mieux à son groupe depuis belle lurette: le rock, même joué par des papys, peut encore faire peur. Car c’est par le scandale et l’imprévu que le rock accouche d’icônes à qui on peut s’identifier plus de trois mois ; temps qu’il faut pour que la collection hiver de chez Zara devienne has been.

“My My Hey Hey Rock’n’roll is here to stay” comme disait Neil Young: oui mais à condition qu’il soit “rebel without a pause” voire “without a cause”.

OLIVIER RIGOUT

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INTERVIEW ART BRUT

Feb. 8th, 2006 | 05:23 pm

"Just stop buying your albums from the supermarkets. They only sell things that have charted"

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Rencontre furtive avec Mikey et Jasper, à la fin de leur concert à la NEF d’Angoulême en première partie des Lords Of Altamont. Art Brut est venu y défendre son premier album acclamé par la critique: « Bang Bang Rock’N’Roll ». Le groupe sonne pro, le son est propre, le volume est fort. Ce qui permet à l’apprenti dandy, j’ai nommé MR Eddie Argos (leader/chanteur) de mettre en avant sa désinvolture et son bel accent cockney. Marchant sur les pas de Mark.E Smith de The Fall pour l’arrogance et de Jarvis Cocker de Pulp pour l’ironie, Argos peine cependant à se mettre le public dans sa poche (alors que même Liam Gallagher est fan !). Pourtant Art Brut compose des hymnes pop juvéniles et insouciants aux paroles simples, autobiographiques et fédératrices : « my little brtother just discovered rock’n’roll », « I’m still in love with Emily Kane », « We formed a band », « leave the lights on »…Difficile pour les kids déboussolés (qu’ils soient anglais ou français) de ne pas se retrouver dans ces petites chroniques naïves et touchantes d’une vie quotidienne prolo monotone.
Si Argos déclare « ne pas savoir à quel courant musical son groupe appartient, car il n’a pas lu le NME depuis longtemps » il n’hésite pas à taper sur Pete Doherty pour ses frasques pitoyables et le mauvais exemple qu’il donne à la jeunesse. Son rêve : écrire une chanson aussi importante que « joyeux anniversaire » ! En attendant, Art Brut chante pour ceux qui n’ont comme perspective hebdomadaire que l’ouverture des boites pourries le samedi soir. Art Brut chante pour ceux qui ont envie de tomber amoureux mais ne savent pas comment. Art Brut chante pour ceux qui veulent boire et faire la fête pour oublier leur vie tristounette. Bref Art Brut chante pour beaucoup de monde.

Olivier Rigout: Vous venez de donner votre concert et vous êtes comme des âmes en peines à traîner dans la salle. Rien de bien glamour. Qu'est ce qui se passe?

Jasper Future (Guitare): Bah pff... Je voudrais pourtant bien m'amuser.

OR: Et bien bois plus et fais des blagues. Vous n'avez pas de groupies?

JF: Euh non pas ce soir.

Mikey B (batterie): Moi je revois une fille cette semaine. Une française que j'avais rencontré à la Route du Rock en août.

OR: Et bien voilà! Sinon dans le groupe vous prenez de la drogue?

JF: (air désolé) Non.

OR: Bon ! Et avec le succès que vous avez eu j'imagine que vous n'allez pas rester sur Fierce Panda.

MB: Exact on va signer sur AZ chez Universal. Ce qui est plutôt cool.

OR: Peut-être que tu pourras te payer un tabouret alors. Sur scène tu joues debout, c'est plutôt rare pour un batteur.

MB : Ah ah ! En fait ça me permet d'être moins fatigué et d'être plus dynamique. Et j’aime bien voir le public. Et comme ça je n’abîme pas mon postérieur.

OR: Je sais pas si vous vous êtes fatigués pendant le concert, mais le public pas vraiment.

MB: C'est vrai que seulement quatre personnes dansaient. Enfin on est mercredi. Et en France!

OR: Ah ah, bonne répartie. Vous avez le temps de visiter les villes dans lesquelles vous jouez?

JF : Malheureusement jamais. Pourtant il paraît que c'est bien comme ville Bordeaux.

OR: Oui mais là on est à Angoulême. C'est quand même à 130 km!

JF: Oh! Tu vois je savais même pas où on était exactement ce soir.

OR: Mais vous avez des jours de repos en tournée?

JF: Oui de temps en temps. Mais le dernier n'était pas très drôle. Je te le raconte quand même: on est resté sur une aire d'autoroute. J'ai eu le temps de regarder 9 dvds dans le bus!

OR : Vous jouez dans quelle ville demain ?

MB : Euh…

OR : Allez c'est pas grave, je vous laisse vous amuser. Bonne nuit.

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INTERVIEW JAPANTHER

Jan. 30th, 2006 | 11:53 am

PET SOUNDS MADE IN NYC

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Duo basse/batterie en provenance de New York et signé sur Tapes Records, Japanther déclenche l'hystérie en concert. La combinaison des personnalités de Matt Reilly (basse, "sample" K7 et chant) et de Ian Vanek (batterie et chant) provoque une alchimie sonique violente et émouvante qui plaît autant aux filles qui veulent danser qu'aux punks à la recherche de pogos. Si la musique de Japanther est aussi fédératrice, c'est qu'elle véhicule tout simplement la joie (et accessoirement la tristesse) de vivre, via des mélodies percutantes et entêtantes.

Olivier Rigout: La première fois que je vous ai vu, c'était dans un loft à Brooklyn, il y avait plein de jolie filles asiatiques et un mec déguisé en tigre... pourtant Matt et toi ne ressemblez pas du tout, mais alors pas du tout à des panthères du Japon...

Ian Vanek (batterie): On a choisi le nom Japanther parce que ça avait un coté violent tout en restant sauvage et drôle à la fois. Mais en fait Matt et moi avons inventé notre premier logo bien avant qu'on décide de faire un groupe.

OR: Votre album se nomme "Master of Pigeons", vous en mangez régulièrement?

I: En fait c'est une référence au film Ghost Dog, et à tous ces new-yorkais qui élèvent des pigeons sur les toits des immeubles.            

OR: Ah d'accord! Dans ce cas là tu peux peut-être dire à nos amis touristes quels sont les animaux à voir en priorité au zoo de New York?

I: Je ne suis jamais allé au zoo dans le Bronx mais les phoques de central Park sont super canons!

OR: Merci du conseil. A chaque fois que j'ai vu Japanther en live, le public devenait fou; qu'est ce qu'un bon show pour toi?

I: Les meilleurs sont ceux où tout le monde sourit et rit. Les mauvais concerts sont ceux où certains essayent d'imposer leur gaieté aux autres.

OR: Quels sont les concerts auxquels tu as assisté et qui t'ont marqué?

I: Perso j'ai jamais été dans le public pour un concert de Japanther!!!Ahaha!!!

OR: Très bon! Pour revenir à vos concerts, vous vous servez de téléphones volés dans de cabines comme micros. D'autres actes de vandalisme dont tu voudrais nous faire part?

I: Tu crois quand même pas que je vais me balancer tout seul? Je peux juste te dire qu'on est des fans de graffitis et qu'en plus de cela on fait du BMX en sens interdit sur des voies à sens unique.
    
OR: Wow!!! Pourquoi Matt ne joue qu'avec trois cordes à sa basse? Il est trop feignant pour mettre la quatrième ou il a juste appris comme ça?

I: Matt est loin d'être une feignasse! Il déteste la corde de Mi et puis c'est tout! Son jeu est plus dans les aigus ce qui lui permet de faire de la magie avec trois cordes au lieu de quatre.

OR: Ian, ton kit de batterie est orienté de façon à ce que tu tournes le dos au public, c'est pour faire comme Jesus and Mary Chains et provoquer des bastons?

I: En fait je joue face aux amplis, pour mieux entendre. Ce n'est pas une lubie pseudo-artistique. C'est juste une astuce qui permet également de protéger ma batterie quand le public s'excite trop.

OR: Effectivement, à la première écoute votre musique a l'aspect violent et dansant du punk, mais en fait les mélodies sont plutôt d'inspiration pop, aussi bien gaies que tristes. Pourquoi vous écrivez des chansons?

I: Pourquoi on écrit des chansons? Finalement une bonne question! Disons que c'est pour passer du bon temps, pour danser et tout casser! J'espère aussi qu'on est une source d'inspiration pour d'autres. En fait notre musique est l' extension de nos vies, de nos amitiés, des graffitis qu'on fait, des millions de disques qu'on écoute... Après si on peut en vivre tant mieux. Mais enregistrer des disques, donner des concerts et faire danser les gens... tout ça passe après.

OR: Dernière question pour l' "Highway to Hell": est ce que vous aimeriez être empaillés le jour où vous mourrez?

I: On meurt tous deux fois: la première, euh... quand tu meurs. Et la deuxième quand plus personne se souvient de toi. Mais Japanther ne mourra jamais!!!

Merci à Thomas pour les superbes photos prises en juillet 2005 au Tonic (NYC):

http://allthatglitters.perso.cegetel.net

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INTERVIEW The Legendary Tiger Man

Jan. 17th, 2006 | 02:28 pm

ET LE TIGRE EST EN TOI!

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Ce one-man/tiger band en provenance du Portugal est le croisement parfait entre Jon Spencer (pour la classe et le charisme) et Bob Log III (pour le concept et l’humour).
Tirant son nom d’un one man band des années 1950, les Legendary Standers Cowboys, et d’une chanson de Rufus Thomas Junior, « Tiger man king of the jungle » (notamment reprise par Elvis), l’animal éructe comme s’il était possédé. Son jeu de guitare minimaliste et sauvage avec son style de batterie à deux pattes viennent donc soutenir une voix à la fois sexy et inquiétante. Paradoxalement puriste et hérétique, Tiger Man, de son vrai nom Paulo Furtado n’hésite pas à transgresser les règles du blues pour lui donner sa raison d’être au 21ème siècle. A savoir s’exprimer naturellement et partager ses impressions avec des moyens rudimentaires. Fortement influencé par les one man band américains des années 1920 et 1930, il joue de manière spontanée, crade et violente ce qui peut donner de furieuses envie de remuer son popotin. Ainsi, ses chansons sont l’occasion de rappeler que le blues, au-delà des traditions, est avant tout une question d’instinct et non de soli claptonian-nian. Bref, un savant mélange entre respect et irrespect.

Olivier Rigout : Qu’est ce qui te donne envie de chanter, pourquoi as-tu le blues ?

Tiger Man : A vrai dire, tout m’inspire. Pas que les histoires de cœurs brisés ou les gueules de bois. Le blues c’est pas qu’une histoire de « coups de blues ». Je pense que j’essaye plutôt de profiter de la vie au maximum.

OR : Ca se voit d’ailleurs, sur tes pochettes de disques ou sur tes photos de presse on voit plein de superbes filles nues. Y-a-t-il d’autres raisons pour lesquelles on devrait venir au Portugal ?

TM : Oui effectivement : il y a MOI !

OR: Ahhhh ! C’était quand la dernière fois que tu as dis à une fille "I'm gonna make you mine, before the sun goes down"?

TM : Je ne parle pas tant que ça en fait. Surtout ces jours-ci, j’ai appris que dans la vie, moins on en fait plus ça marche.

OR : Tu portes souvent des lunettes de soleil, c’est pour cacher tes yeux de tigre, une référence à la B.O de Rocky (« Eye of the Tiger”) peut-être?

TM: La B.O de Rocky?! Mais qu’est ce que t’écoutes comme conneries?!

OR : Est-ce que tu pourrais me dire un truc méchant sur Bob Log III, un truc qui qui le mettrait K.O?

TM: Généralement je cherche les ennuis, mais là c’est un pote! J’espère juste que tes questions vont être un peu meilleures!!!

OR: Ok Doki, bon, puisque tu es seul dans ton groupe, est-ce que tu te considères comme un homme solitaire (« solitary man »)?

TM: Si tu fais référence à Johnny Cash, je pense pas qu’il était si solitaire, moi non plus d’ailleurs !

OR: Parlons amis et famille alors. Dans une de tes chansons tu dis “Fuck Christmas, I got the Blues”: t’as eu quoi comme cadeaux cette année?

TM : Des concerts pour 2006 !

OR: Et quels sont les disques récents que tu t’es achetés?

TM: Handsome Boy Modelling Scholl, Telluric Kaos d’Iggy Pop, Saul Williams, Les Kills.

OR: Allez j'arrête de t'ennuyer! Dernière question: Tu considères que c’est toi qu’a le blues ou que c’est le blues qui t’as eu?

TM : La seconde proposition, chef !

OR: Vous pouvez rompre!

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PROJET PHOTO Scanner

Jan. 16th, 2006 | 08:21 pm

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Pour voir toute la série, cliquez sur le lien ci-dessous.

http://www.photomania.com/album_invite2.asp?login=autobahn66&annuaire=0&album=2

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PROJET PHOTO Mozaic

Jan. 16th, 2006 | 03:51 pm

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Olivier Rigout, Noël 2005

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Lords of Altamont (Lords have mercy, Fargo records 2005)

Jan. 6th, 2006 | 08:05 pm

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Lords of Altamont : le nom fait référence aux Rolling Stones, et plus précisément à un événement morbide de leur carrière, à savoir le passage à tabac (jusqu’à ce que mort s’en suive) d’un jeune noir par des membres des Hell’s Angels lors de leur concert gratuit au festival d’Altamont près de San Francisco en 1969 (qui prétendaient que la victime avait égratigné une de leur bécane). Inutile d’avoir lu Hunter S.Thompson pour comprendre que les Angels n’étaient pas des intellectuels et encore moins des enfants de cœur. On suppose donc que le quatuor de Los Angeles n’est pas là pour respecter un silence religieux ni quoi que ce soit d’ailleurs. La pochette est noire (vous aviez deviné ?) et représente un point prêt à vous flanquer une sacrée dérouillé avec une chaîne en fer. Quant aux titres des chansons, ils ne sont pas plus rassurants : Cyclone, Burried From The Knees Down, Let’s Burn, She Cried, Though As Nails...

Espérons que ces quelques lignes ne vous auront pas fait rebrousser chemin. En effet, une fois leurs manches retroussées, les Saigneurs produisent une musique endiablée et sans confession. Ces anciens membres des Fuzztones, des Cramps et des Bomboras rendent un culte aux plus belles heures de la Sainte Trinité rock’n’roll-garage-psychobilly. Autant dire tout de suite qu’ils n’inventent rien: leur démarche s’inscrit dans la tradition qui consiste à danser et à sacrifier les bonnes manières sur l’autel du rock. Leur messe noire, véritable ode aux cierges incandescents et à la drogue suit son déroulement avec des guitares incisives, un chant possédé, et une batterie brute de décoffrage. Mais c’est bel et bien l’orgue blasphématoire qui vient enfoncer les clous et rend la cérémonie plus légère, plus joyeuse et plus dansante. En bons hérétiques qu’ils sont, nos bikers vêtus de cuir nous invitent à recevoir la bière et les pains de l'Antéchrist. Laissez donc vos satanés préjugés de cotés et venez prêcher la parole des MC5, Stooges et autres Richmond Sluts.

OLIVIER RIGOUT
tatb98@hotmail.com

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Interview DATAROCK

Jan. 4th, 2006 | 05:37 pm

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Le jeune duo Norvégien est récemment venu défendre son album (sorti sur son propre label Yap) aux Transmusicales de Rennes. Fort d'une tournée mondiale conséquente Datarock a joué sur la grande scène après Primal Scream et les Undertones reformés (et malheureusement non réformés). Accompagné d'une tribu de joyeux clones/clowns/choristes habillés en joggings rouges, le groupe a joué live (basse, guitare, chant, batterie, synthé,percussions) ses imparables hymnes electro-disco-rock aux refrains idiots ("BMX is better than sex", "I used to dance with my daddy"). Très vite le public a troqué les gouttes de pluie contre celles de sueur pour danser sur des chansons aux rythmes soutenus mais légers, aux basses rondes et aux riffs funky.

Sur disque, la musique de ces petits branleurs surdoués, à l'attitude sexy et décomplexée, jouit d'une production robotique faisant la part belle aux notes de synthés Casio pourris et aux boites à rythmes Roland des années 80. Cependant comme en témoigne le tube "FAFAFA" (qui s'est retrouvé sur de nombreuses compilations, dont la DJ Kicks de leur amie Annie), Datarock est capable de composer une musique à la fois complexe et accessible. Féderatrice, elle n'en demeure pas moins ambitieuse et regorge d'arrangements luxuriants.

C'est là le véritable atout de la paire, qui sait se retrousser les manches et éviter d'en avoir l'air. Tout comme nos deux célèbres et sexy boys hexagonaux, dont la musique n'a d'ailleurs rien à voir. Outre l'air marin de Bergen, où l'album a été écrit, c'est la franchise et la bonne humeur du duo qui font la fraicheur du disque. Le mélange des genres, et les blagues potaches font de la musique de ces grands adolescents une ode à l'amour et à l'humour qui s'inscrit dans la lignée du Pills and Thrills des Happy Mondays. Esperons juste qu'ils ne sacrifieront pas leur talent comme leurs ainés.

Olivier Rigout: Vous avez donné des concerts dans le monde entier, quel est votre pire souvenir?

Fredrik (chant et guitares): Sans hesitation, la Knitting Factory de New York en décembre 2005. L’ingé son était vraiment un vieux con. Le pire c’est qu’il était jeune! «Mr Incompétent» se comportait avec nous comme si on avait couché avec sa femme. Le pire c’est que toute l’équipe de la Knitting était comme ça. Enfin… on était contents de jouer, en plus on a rencontré les mecs de !!! et de Out Hud. Sinon on a fait d’excellents concerts à Montréal et à Chicago. On a même vendu plein de merchandising. C’est dire si on est pas des professionnels.

OR: D’autres plans lose contre lesquels vous voudriez nous mettre en garde?

F: On venait de faire deux supers shows à Oslo et à Helsinki, l’un sold out et l’autre quasi-plein. On était avec nos potes, les excellents Ungdomskulen, et Saul Williams a même joué avec nous! Bref, tout s’est subitement mis à foirer à cause de plusieurs facteurs, à savoir: du retard, un temps pourri, le ridicule emplacement de l’aéroport d’Oslo, et la débilité du personnel de la compagnie SAS. On a donc loupé notre avion et dû acheter des nouveaux tickets et attendre deux jours. On a failli passer Noël là-bas!

OR: Mes pauvres! J’imagine qu’en tournée vous compensez les coups durs par de folles nuits de fêtes non?

F: En tant que Norvégiens, on boit encore plus de bières. Mais c’est vrai que récemment on a pris l’habitude de boire plein de whisky et même du champagne pour les grandes occasions, musicales ou pas. Ce qui n’est pas étranger au fait que les salles de concerts semblent nous vouloir plus que du bien. Sinon on prend pas de drogues, ce qui n’est pas très glamour… Non je déconne, on est des toxs. J’ai même pas le temps de t’énumérer tout ce qu’on s’envoie. On ADORE ça, et on a plein de problèmes à cause de ça. Qu’on se le dise!

OR: A part ça, vous faites un peu secte en concert, tous habillés avec le même survêtement. Vous essayez de faire comme les Polyphonic Spree?

F: Arrête ton char Ben-Hur, on goudronne! C’est eux qui ont copié. En fait on essaye plutôt de faire un truc dans l’esprit des comédies musicales de Broadway.

OR: Pourquoi? "Together are you heavy" ("Together we are heavy" «ensemble on pèse plus», titre du dernier album des Polyphonic Spree)?

F: Ah bah, merci!

OR: Et donc, vous avez eu des réductions sur ces fameux joggings rouges?

F: Non! C’est du merchandising exclusif Datarock, qui sera bientôt disponible. C’est une entreprise norvégienne White Out qui les a crées. Ca va pas tarder à débouler chez vous et dans le monde entier. Dans les clubs et les grandes surfaces.

OR: C’est noté! Bon, pour revenir au disque, est ce que vous dansez toujours avec vos papas (cf “ I used to dance with my daddy”)?

F: On aimerait bien!

OR: Et on peut savoir sur quelles chansons vous dansiez?

F: Plein, mec!

OR: Ah, super! Bon, sinon vous avez déjà fait l’amour à votre BMX (cf “BMX is better than sex” dans la chanson Bulldozer qui ouvre l’album)?

F: Oui!!! J’ai composé la chanson Bulldozer lors d’un rapport olé olé le jour de l’achat de mon BMX. Il était tellement sexy, tout brillant. Cette chanson, c’est un peu notre Tour de France, si tu vois ce que je veux dire.

OR: Je vois bien merci! Niveau potins, quels sont vos amis stars?

F: On est pote avec Dan Snaith de Caribou. Aussi avec les mecs d’Optimo et des Glimmers. Pareil, on voit Princess Superstar de temps à autres. Comme son nom l’indique c’est une princesse et une superstar, ce qui niveau potins est plutôt fort hein?

OR: Pas mal en effet! Sinon il pleut depuis combien de temps à Bergen?

F: Depuis le big bang!

OR: Vous avez joué aux transmusicales de Rennes cette année. Vous avez participé aux émeutes, opposant teufeurs et préfette?

F: Depuis qu’on a vu le film Police Academy en 1985, tous les policiers nous font penser à Steve Gutenberg. Du coup il est impossible qu’on se batte avec des mecs comme ça.

OR: Où avez-vous vu les plus belles filles (cf "the most beautiful girl")?

F: En Norvège.

OR: Bonne réponse! Est-ce qu’il vous arrive de voler des trucs dans les supérettes Seven Eleven ?

F: Bien sûr! Je me remplis régulièrement et gratuitement les poches de barres chocolatées, qui s’appellent Operamint. Ce qui tombe bien car ça permet de tenir le coup pendant les soirées «Operamints» qui se déroulent au légendaire Café Opera de Bergen.

OR: Faites moi rêver avec une histoire de groupies (même si ça n’est jamais arrivé)?

F: Fastoche! Tu sais les groupies dans les années 70 qui faisait des répliques des pénis de Rockstars, comme Jimmy Hendrix? Et bien certaines nous ont contacté, mais on a insisté pour innover et faire des répliques de nos anus (N.d.O.R «Ouranuses» dans la phrase originale, ce qui est plus drôle).

Merci à Kjetil pour le dessin.

OLIVIER RIGOUT
tatb98@hotmail.com

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La trousse de secours du chroniqueur musical

Jan. 2nd, 2006 | 09:41 pm

En 2001, à l’arrière de la pochette de leur unique disque, les Moldy Peaches (groupe d’Adam Green et de Kimya Dawson entre autres) mâchaient le travail des pigistes sous-payés en écrivant ceci : «The Moldy Peaches are [adjective]. They sound like [noun]. When I listen to them, I want to [verb]. Too bad they are just a [band name] rip-off!! »

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Aidons un peu plus le pauvre rock critic en mal d’inspiration à justifier sa demande d’accréditation ou son carton d’invitation pour la soirée open bar 100% VIP de lancement du nouveau Strokes.

Intro: Vous êtes un pro, un « connoisseur ». (source infaillible pour remplir les blancs : Google).

"Révélé par « … », album envoûtant, « …. » signé sur « … », revienennent avec un second opus tout aussi inspiré que son premier. Les protégés de Jack White/Dr Dré/Madonna ont cette fois confié la production de leur disque à Rick Rubin /Steve Albini/ Nigel Godrich/ The Neptunes".

Couplet 1 : Vous savez manier érudition et sens de la formule.

"Issu de la scène new-yorkaise/ Berlinoise/…, le combo nous livre son disque de la maturité. Paradoxalement la nouvelle livraison est à la fois anachronique et dans l’air du temps / à la fois inutile et donc complètement indispensable".

Refrain : Vous connaissez les artistes car vous en êtes un vous-même.

"Véritable polaroid de la vie urbaine, les paroles des chansons respirent l’urgence/ le sexe/ la drogue".

Couplet 2: Vous vous y connaissez aussi en vidéo.

"La maison de disque n’a d’ailleurs pas hésité à faire réaliser la vidéo du premier single par Michel Gondry/ Chris Cunningham/ Spike Jonze/ Terry Richardson/…".

Pont : Votre esprit de synthèse vous permet d’écrire des phrases dignes des meilleurs stickers promotionnels.

"Refusant toutes les étiquettes, ils n’ont pas eu à choisir entre rock, rap et techno.
La relève est assurée/ Ils sont le nouvel espoir du rock/ La réponse à Franz Ferdinand".

Solo : Vous avez passé de longues heures à vous imprégner de la musique.

"Ce disque ne laissera personne indifférent/ on ne ressort pas indemne de l’écoute de ce disque".

Fade out : Enfin, vous n’écrivez pas à la légère.

"Il faudra bientôt compter sur eux".

Si avec ça vous ne devenez pas le nouveau Patrick Eudeline ou Lester Bangs…

OLIVIER RIGOUT

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Interview Ungdomskulen

Dec. 27th, 2005 | 03:35 pm

NOM IMPRONNONCABLE POUR MUSIQUE INDESCRIPTIBLE

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Ungdomskulen est le nouveau groupe de Frode Flatland (basse) , Kristian Stockhaus (guitare et chant) et Øyvind Solheim (batterie). Les trois garçons viennent de Bergen (Norvège) et se sont déjà fait remarquer avec leurs précédentes formations, Stockhaus, Standing Ovation puis Goddamnit. Le trio, soudé par l'amitié, les pizzas surgelées et la bière, composent une pop dynamique au rythmes syncopés, avec une basse très présente et une guitare aux sonorités crades, évoquant parfois le free-jazz. Quant aux paroles, elles sont poétiquement loufoques. Les bonnes critiques et leurs performances scéniques touchantes leurs ont permis de faire quelques mini-tournées internationales et de jouer dans les plus grands festivals Norvégiens aux cotés de leurs amis Datarock ou Royksopp. Ils ont déjà sorti trois maxi vinyles et leur album est en cours d'enregistrement


Sur votre site internet, vous dites que vous aimez la vie et la musique. Quoi d’autre ?

Kristian : On aime aussi notre site internet et les enclumes.

Vos nouvelles chansons avec Ungdomskulen ont un coté disco destructurée. C’est un clin d’œil aux soirées où vous être trop bourrés pour danser correctement ?

Kristian : Exact ! Ces jours-ci on essaye de boire autant que Larry Hagman (N.d.OR Jr dans Dallas) puis de tourner très vite sur nous-mêmes comme Travolta.

Est-ce qu’un concert de Ungdomskulen a déjà suscité une Standing Ovation (ndor précédent nom de leur formation) ou au contraire fait un bide?

K: Les deux mon capitaine Comatose ! Bien qu’on n’ait jamais vraiment tangué complétement à babord ni à tribord.

Une de vos chansons s’appelle « Most on top », quand avez vous été à votre top zenith ? Quand vous avez sorti votre disque ? Quand vous avez eu votre première relation sexuelle ?

K : Je pense que c’était plutôt en haut du Mont Hulriken (célèbre « montagne » de Bergen).

Quels sont les meilleurs endroits pour se la jouer cool, rester kikil pepouze, et ressentir des bonnes vibes ?

K : Eikefjorden, un joli village de Norvège avec plein de vieilles baraques sympa. Bref, des bonnes vibes du troisième âge. Et comme on est plus de gamins, on pêche et on écoute du rock dans notre van.

Quels disques écoutez vous en ce moment ?

K : Les meilleurs, de A à Z. Ca commence par ABC des Jackson 5, et ca finit par Zappa.

Dites moi des paroles que vous avez honte d’avoir écrit plus jeunes.

K : I cant get no satisfaction, I cant get no satisfaction, I cant get no satisfaction, but I try and I try and I try and I try, I cant get no satisfaction, I cant get no satisfaction, I cant get no satisfaction.

Vous avez déjà pensé à laisser tomber la musique?

K : Non, mais la Musique m’a déjà laissé tomber. J’avais 19 ans et elle devait me ramener apès un concert, mais elle s’est jamais pointée. Du coup j’ai été pris en stop par le Sport.

Est-ce que vous allez mourir sur scène ?

K : Tout le monde trouve ça original maintenant. La vérité ce qu’à la belle époque je mourrais tous les soirs sur scène. Après en backstage, quelq’un disait un truc du genre « belle mort ce soir », et puis je répondais « merci » et basta. C’était tout naturel. Maintenant ca a perdu toute sa vitalité.

Merci à Frode pour son joli dessin/jeu digne des plus belles heures du journal de Mickey.

www.ufjelg.org/ungdomskulen
www.ungdomskulen.com

OLIVIER RIGOUT

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Interview Heavy Trash

Dec. 10th, 2005 | 03:26 pm

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Après une performance endiabléee et émouvante devant un public bordelais séduit, les deux compères de HEAVY TRASH (le nouveau groupe rock’n’roll - rockabilly de Jon Spencer du Blues Explosion et de Matt Verta-Ray de Speedball Baby) ont gentiment répondu à nos brimades dans un décor de circonstance : une table crasseuse près de la pissotière, dans une cave humide.

Olivier Rigout et Arthur Gautier: Est ce que vous jouez aux échecs ?

Jon Spencer : Non !
Matt Verta-Ray : Oui, surtout quand j’étais plus jeune, mais j’ai plus vraiment le temps, là.

OR/AG: Matt, tu parles français, mais savais-tu que ton nom peut signifier « mate vers ta raie » en phonétique (« Look at your ass ») ?

MVR : Ah, c’est pour ça que tout le monde m’aime ici. Je me disais bien !
JS : De toute façon, notre disque ne parle que de cul. Ça ferait un bon jeu de mot pour une prochaine chanson, non ?

OR/AG: Avez-vous déjà passé une nuit en prison (cf « Sweet & Sour » du Blues Explosion) ?

JS : Oui, mais il y a longtemps, avant Pussy Galore. Ca doit faire 20 ans, avec un pote on faisait de la musique industrielle et on avait volé du matériel dans un entrepôt.
MVR : Moi, je suis « clean », un gentil garçon, quoi !

OR/AG: Seriez-vous flattés d’être sur la bande originale d’un film de Tarantino ?

JS : Bof ! Je sais que c’est un « connoisseur » de vieux rock et de blues, mais bon ça ferait un peu cliché... Ca dépend !

OR/AG: Vous avez l’air en bonne santé, vous faites du sport ? On peut vous croiser à Central Park, avec un jogging Nike un I-Pod sur les oreilles ?

JS : Pas vraiment ! À part m’occuper de mon fils…
MVR : Moi par contre, je fais beaucoup de natation. Quand j’étais gamin, mon cousin s’est noyé dans un étang. Depuis, toute ma famille nage énormément, pour pas que ça se reproduise !

OR/AG: Ca nous explique pas pourquoi vous avez choisi « Heavy Trash » comme nom de groupe. Les gens croient que c’est du métal. Bravo ! C’est pire que « Blues Explosion ».

JS : Encore un nom qui prête à confusion, je sais. On n’y avait pas réfléchi. Mais on s’en tape, le nom sonnait bien, c’est ce qui compte.
MVR : C’est aussi un hommage à mon père, qui depuis est fan du groupe. Quand j’étais petit, je devais descendre les poubelles, elles pesaient des tonnes : « heavy trash » !

OR/AG: Sinon, on voulait savoir si vous avez une astuce pour bien placer votre bite dans vos pantalons moulants…

MVR : Toujours à gauche, évidemment. Et vers le bas, par respect pour la loi de la gravité.

OR/AG: Jon, une question à mille euros : tout le monde se demande quelle est la marque de tes cordes de guitare ?

JS : … Euh, en fait s’agit de….

OR/AG: Non, on déconnait…

Merci à eux pour le dessin (le chien est de Jon, le reste de Matt).
Merci à Arthur Gautier aka BOGADJO pour son soutien.
OLIVIER RIGOUT

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Festival Inrocks 2005 BORDEAUX

Nov. 29th, 2005 | 03:20 pm

Festival Les Inrockuptibles, Bordeaux (Théâtre Barbey 8-9/11/05)

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Premier soir :

On passe en mode lecture avec VHS or Beta : tout est dans le nom, ils refusent de choisir entre 2 formats (rock et dance) afin de ne pas être étiquetés ; la musique de ces bêtas pourrait cependant être qualifiée de « mauvaise ».
Le nouvel espoir anglais (couverture du NME avec un seul single I bet you look good on the dancefloor) et la révélation du festival s’appelle The Arctic Monkeys 19 ans de moyenne d’âge, encore de l’acné et des joues rouges, mais déjà un son, une attitude, des chansons (entre les Jams et les Libertines) : l’avenir s’annonce excitant. The Go ! Team enchaîne avec un live dansant , noisy et joyeux, en empruntant à tous les genres existants. Les joueurs s’échangent les instruments pendant les morceaux alors que leur chanteuse noire déguisée en pom-pom girl, véritable capitaine de soirée, mène l’équipe et invite le public à l’encourager.
Devendra Banhart et ses amis pecnots nous auront bien fatigué avec leurs simagrées bobo/hyppie, malgré une reprise de «Don’t Look Back in anger » d’Oasis : « I feel like a child » crie le barbu illuminé. On avait remarqué ; « We feel like sleeping » semble lui répondre le public.

Second soir :

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Arrivé trop tard pour Hard-fi, mais heureux de voir qu’il y a encore plus de filles, de lycéens et d’anglais qu’hier. La soirée commence avec les Futureheads, qui jouent efficacement, mais sans âme, leur rock banal : l’avenir s’annonce compromis.
Les Maximo Park, tous de noir vêtus (cravate rouge et mèche plaquée pour le chanteur) confirment leur statut de bêtes de scène avec une prestation martiale entre Joy Division et les Hives. Tous les titres de Certain Trigger sont dégainés de manière à mettre le feu aux poudres.
Les Anglaises en chaleur avaient bien fait le déplacement en bus pour les nouveaux Franz Ferdinand qui se nomment Kaiser Chiefs. Après trois chansons, même les sceptiques n’en croyaient pas leurs oreilles et leurs yeux : NANA NANA NAA, le chanteur avec sa tête à claque de fils-à-papa pourri-gaté, soutenu par un groupe qui joue fort et vite (que des tubes), a enflammé la salle (quitte à se jeter dans la foule à plusieurs reprises ou à monter dans les gradins) qui a repris en chœur toutes les paroles,. Bouquet final avec en rappel leur relecture explosive et dansante de « Through the Grapevine » de Marvin Gaye dans un style proche de LCD Soundsystem.

OLIVIER RIGOUT

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Soirée Back to Hell au Gibus/Rock’N’Roll Fridays (14/09)

Oct. 20th, 2005 | 03:20 pm

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Le mythe : depuis peu Rock&Folk et Technikart parlaient d’un étrange phénomène dans des articles aux titres alléchants : « Enfin une scène rock française », « Paris n’a rien à envier à NYC». Sur papier glacé, ces ados de 15 ans avaient les bonnes fringues, les bonnes coupes de cheveux et citaient leurs influences plus que recommandables (Sonics, Stooges, Ramones…).

La réalité : Manœuvre et Eudeline ont l’air excités, et déambulent au milieu de groupies qui pourraient être leurs filles, et encouragent les groupes comme s’ils étaient Malcom MC Laren ou Mick Jones. Aussi, tout est là comme prévu, sauf la musique (et les bières). Mais on aurait dû s’en douter. Depuis qu’HM vend des t-shirts Motorhead et des strings à des petites filles, on savait encore plus que l’habit ne faisait pas le moine. On a l’impression d’avoir affaire à des fils de bourgeois, ayant troqué leur panoplie de Zorro pour se déguiser en rockeurs. Ayant reçu leur guitare au dernier Noël, ils n’ont pas eu le temps d’apprendre à en sortir un son. Saluons néanmoins leur talent d’acteurs et leur culot car même leurs idoles, sans être des grands virtuoses, savaient aligner trois accords.

Verdict : ces soirées devraient être sponsorisées par Canada Dry et les raquettes de Tennis Decathlon.

OLIVIER RIGOUT

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Cocorosie

Oct. 12th, 2005 | 03:14 pm

COCOROSIE (USA)

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Cocorosie me fait penser à une fille que j'ai connu il y a quelques années en Norvège. Non seulement Rosie Coke avait un nom semblable à celui du groupe des deux sœurs de Brooklyn, mais partageait ce même côté artiste rêveur. C'est à dire à la fois familier et chaleureux mais qui intrigue car il nous échappe.
La personnalité de Rosie était à la fois douce et farouche comme la musique de Bianca et Sierra. Chez elle, le rapport à l'enfance conditionnait sa façon de vivre à l'âge adulte ; pour ainsi dire, elle ne souciait pas de ce que les autres pensaient d'elle ou de ses créations ; et c'est pourquoi elle était toujours un peu étrange mais naturelle. Comme si elle refusait de jouer un seul rôle défini (l'adulte).

De même, la démarche de Rosie et Coco (deux surnoms issus de l'enfance) peut tout d'abord dérouter, voire irriter l'auditeur. En effet, entre les bruits de jouets, d'animaux, les textes banals et poétiques, on pense d'abord avoir affaire à de jolies poseuses arty. Quand on apprend qu'elles travaillent sur un opéra, tournent des courts métrages et peignent, on se dit qu'elles en font trop. En réalité, leur vie est placée sous le signe de l'art, ou plutôt sous celui de la création, au sens le plus innocent du terme ; comme pour les enfants qui inventent des histoires avec leurs petites voitures, leurs poupées, dessinent, ont des amis imaginaires, font de la patte à modeler.

"La maison de mon rêve", premier disque enregistré en amateur avec peu de moyens, témoigne de cette envie de s'exprimer sans se soucier des codes établis, même si Bianca travaillait dans l'art contemporain et que Sierra se destinait à une carrière de soprano. Si le groupe psyché folk, repéré comme dans les contes de fée par un producteur sous le charme, est désormais fortement plébiscité, c'est qu'il nous offre une plongée dans l'intimité de deux filles (amitié, famille,sexe, religion, Amérique). Très jeunes, elles ont été séparées et ne se sont pas vues pendant dix ans avant de se retrouver à Paris, en 2003. Leur enfance mouvementée a aussi été marquée par un père aux influences chamanistes. Ainsi l'âme de fillette qui sommeille dans ces corps de femmes est toujours prête à resurgir.

La plupart des textes ont été écrits par Bianca. Sierra s'est occupée de la partition (guitare, harpe, piano, bidouillages). La rencontre de ces deux univers donne alors naissance à des morceaux qui sont de véritables mises en scène, ce qu'elles reconnaissent volontiers : « C'est des rôles qu'on joue. Nos voix varient selon la personnalité du personnage à interpréter ». Elles insufflent ainsi à chaque fois une part différente de leurs personnalités dans chaque titre.
Si elles aiment les histoires d'amour, les écrivains pour enfants comme Roald Dahl, l'auteur de « Charlie et la chocolaterie » ou Rimbaud, leur petit monde féerique se fait parfois inquiétant. Sierra confirme que l'opéra est maintenant une sorte de fantôme. « Je lui voue toujours un amour profond mais il ne fait que me hanter». Le duo doit une partie de sa notoriété au petit ami de Biance, Devendra Banhart, qui lui a permis de se faire connaître lors d'une tournée commune. Avec leur second disque, « Noah's Ark », elles ont poursuivi leurs explorations et accentué le travail sur l'espace sonore ( ce qu'elles nomment le « soundscape »). Et si les fans de la première heure regretteront une « production » plus léchée, force est de reconnaître que les sours Casady, savent envoûter de la manière la plus franche et naïve, sans pour autant vouloir vous conquérir, comme Rosie que je n'ai jamais revue depuis et dont je n'ai presque plus de souvenirs.

Olivier Rigout

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Who made Who

Oct. 1st, 2005 | 03:35 pm

Who made Who (Gomma, 2005)

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Je trie, tu tries, nous recyclons : For Those About To Rock, c’est déjà le retour de la techno !

Tous les rock critics citant des tonnes d’influences (ESG, Gang of Four, Eno…) pour chroniquer les disques punk funk actuels, vous le diront : tout n’est que recyclage. Et question recyclage, les Who Made Who (qui ont bien choisi leur nom, en référence au titre d’un album d’AC/DC) sont des professionnels rapides et efficaces. Véritable écologiste de la musique, le trio danois signé sur Gomma se propose de faire du neuf avec du presque vieux. Et ça marche. A peine devenue ringarde et jetée à la poubelle, la techno fait l’objet d’un revival ! Et comme c’est le retour du rock (vous n’êtes pas au courant ?), c’est à coups de riff de guitares qu’elle trouve un second souffle et redevient branchée. Merde alors ! Vous venez de balancer vos disques french touch de 1995. Vous avez finalement des rouflaquettes, une veste en cuir, des converses. Vous ne buvez plus que de la bière. Et voilà pas qu’c’est déjà le retour de la techno ! Pas d’chance !
Vous ne rêvez pas, c’est 2005 et tout le monde danse sur des versions rock de Flat Beat de Mr Oizo (« hein ?!? Cette musique répétitive avec une peluche ! ») et de Satisfaction de Benny Benassi (« hein ?!? Ce truc de beaufs ? »).
Ces reprises tirées du premier maxi de Who Made Who avaient de quoi inquiéter. Etonnement réussies, elles ont surtout permis de faire danser, de décomplexer les amateurs de techno has been et de relativiser l’importance des modes. Ainsi, en 2003 avec son groupe LCD Soundsystem, James Murphy ironisait sur les fashion victims de la musique: “I hear that you and your band have sold your guitars and bought turntables. I hear that you and your band have sold your turntables and bought guitars” (Losing my edge). Les WMW ont visiblement retenu la leçon : ils ont gardé les platines et les guitares.
En l’espace de quatorze titres ils délivrent une pop synthétique et enivrante. Alternant passages dancefloor (Rose), jams funky (Manuelle), expérimentations electro (The Loop), et ritournelles 80s (Space for Rent) leur album possède une vraie personnalité avec des tubes potentiels. Mais attention, il peut se révéler saoulant s’il est écouté d’une traite. Alors, autant éviter la gueule de bois et « consommer » ce disque avec modération. Après utilisation, n’oubliez pas de le placer dans le bac à recyclage.

OLIVIER RIGOUT

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Mardi Gras Bras Band

Sep. 16th, 2005 | 06:06 pm

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Mardi Gras.Brass Band est un phénomène ; sur disque et encore plus sur scène.
Tout droit débarqués de la Nouvelle-Orléans…ah non, de Maheim ( à ne pas confondre avec le groupe de Black Metal) en Allemagne, ils associent à la fois le swing avec des éléments du funk et de la soul.
Une fois de plus il vous faudra surmonter vos à priori. Espérons juste que ceux-ci ne soient pas « Hard as a Rock ».
« Stiff upper lip »en effet, car « Brass Band » signifie littéralement : orchestre à cuivres. C’est-à-dire (attention horreur) : fanfare. Oui, vous avez bien entendu : Fanfare !!!
Si tous les membres de MGBB en sont fans, ils ne versent pas dans le revival ou pire, dans la musique pour touristes en Louisiane. S’il leur arrive de recycler de vieux standards c’est pour leurs redonner via un groove imparable, une aisance scénique, et un jeu endiablé, une seconde jeunesse.

Cependant, Ils n’hésitent pas à y ajouter scratchs, samples, et électricité. Ne vous y trompez pas, MGBB est un « vrai group » de rock : composition, jams, élégance, énergie, guitares et transgression…
Le plus surprenant reste malgré tout à venir : MGBB possède un leader/gourou/chanteur charismatique. Cette sorte de prophète au look improbable (entre les Bee Gees et Raël dans un costard blanc cintré) permet à la musique du groupe de transgresser et transcender les genres avec une désinvolture remarquable.
Armé d’une stratocaster et non d’une bible, il délivre un message de paix et d’amour qui vous donnera envie de danser, chanter, crier…
Si vous n’êtes pas convaincus, méditez donc cet adage :
« Ouragan à la Nouvelle-Orléans ; Allemands au Vigean »

Olivier Rigout

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HEAVY TRASH

Sep. 12th, 2005 | 03:22 pm

Avec Heavy Trash, Jon Spencer mate vers ta raie.

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Jon Spencer et Matt Verta-Ray sont de grosses ordures. C’est eux qui le disent. Pourtant, au contraire de Garbage (que le Blues Explosion avait égratigné il y a quelques années dans ACME+), ici rien n’est à jeter : treize titres secs et inspirés ; treize titres sex pour transpirer.

Verta-Ray (leader de Speedball Baby et producteur d’Andre Williams) décoche de sa Gibson vintage des riffs rockabilly enrobés d’une reverb et d’une fuzz sales à souhait. Spencer, plus sexy qu’Elvis, plus mystérieux que Lux Interior, prend sa voix de crooner pour prononcer des déclarations d’amour ou bien des insanités, avec une classe et un humour inégalables.

Heavy Trash pourrait être un simple groupe revival (comme l’époque sait si bien en faire) : certes excellent mais anecdotique. Or ils incarnent quasiment à eux seuls (avec Powersolo, the Sadies, the Legendary Shack Shakers, Tiger Man) le « now sound of rock-a-billy ».
S’ils adorent Chuck Berry, Johnny Cash, Gene Vincent, le King, le blues, la country, le label Sun, les costards bien taillés, la gomina et les amplis Vox, ils ne versent pas dans le cliché. Paradoxalement, leur érudition leur permet de transcender les codes du genre. Ces deux « misters Know It All » se réapproprient ainsi le rockabilly avec spontanéité, humour et surtout subtilité. À propos des textes, on pourrait dire qu’il s’agit de finesse graveleuse très inspirée.

Sur « the Loveless » Spencer s’en prend à ses détracteurs et à lui même, avec des rimes aussi drôles que grossières: « they call me the loveless, well I’m a mean son of a bitch/ They call me the heartless, I don’t really give a shit ». Sur Gatorade, avec une voix hoquetée, il aborde le thème du cunilingus: « don’t you use that thing to pee/ she said why don’t you suck it and see/ my baby’s gatorade is sweet wet ». Sur Under the Waves, il se montre effrayant et poétique “I’ve never meant to do her harm, but I caught her in another guy’s arms”. Si le rock n roll avait dès son origine choqué l’Amérique puritaine, puis perdu de sa subversivité, soyez-sûrs qu’Heavy Trash est là pour reprendre le flambeau. Chez eux, tout est chaud et sale, du nom au son, en passant par les paroles et les prestations live. Mais ne vous méprenez pas, leur attitude est une savante alchimie entre respect, classe et humour.

Soutenus sur scène par un backing band de luxe variant selon les dates, ils défendent à merveille leur album éponyme sorti cette année sur Yep records. Préparez-vous à noyer dans l’alcool vos histoires de cœurs brisés, à vous déhancher frénétiquement sur des rythmes endiablés ou encore à chanter des couplets aux rimes entêtantes comme sur le single Justine Alright (« I’ve never been fixed since I got broken/ down to New Jersey, talk about Hoboken »).

Jon Spencer est de retour en très grande forme et Heavy Trash est l’occasion de (re)découvrir Matt Verta-Ray.

OLIVIER RIGOUT

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Wax Tailor

Aug. 27th, 2005 | 09:58 pm

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JCLS aka Wax Tailor a d’abord été apprenti au sein du groupe La Formule (en tant que rappeur, compositeur, producteur et arrangeur).
Afin de produire différents projets, il crée en 1998, avec les suédois de Looptroop, son propre label Lab'Oratoire (Breakbeat Breaking the wave, Breathing Under Water).

Mais ce n’est qu’il y à trois ans que JCLS devient véritablement Wax Tailor. En pleine vague du renouveau rock, Wax décide de s’attaquer à un genre très 90’s et en perte de vitesse : le trip-hop. Genre vite rebaptisé Down Tempo, alors que Massive Attack et consort passent pour de vieux radoteurs. GenGenre vite re-rebaptisé abstract hip-hop, par de petits blanc-becs intellos, branchés, à lunettes, fans de Roots Manuva ou encore du Label Anticon.
Ces quelques précisions faites, il convient de se rendre à l’évidence : Wax ne verse pas dans l’anachronisme mais regarde bien vers le futur, même s’il reprend les armes des meilleurs de ses aînés, à savoir DJ Shadow ou Dj Cam.

S’il prenait le risque de passer pour un retardataire, son nouvel album Tales of the forgotten melodies démontre qu’il mérite amplement sa place parmi les grands de la musique actuelle.

Côté pur Hip-hop, citons Damn That Music Made My Day, Where’s My Heart’s at ou Walk the Line avec The Others en invités. Dans un registre plus calme, Our Dance, morceau sur lequel Charlotte Savary de Clover chante, apaise la tension, tout comme Que sera, avec Doris Day. Le sample de la voix de Nina Simone (tiré de la chanson Feelin’ Good), épouse à merveille les cuivres luxuriants et la basse féline de How I Feel.
Quant à Hypnosis Theme, sa partie de violoncelle fait tourner la tête.

Ainsi, Tailor est désormais passé maître dans la recherche de la boucle parfaite, scratchs subtils, samples malins, mix soigné et surtout compositions de haut niveau. En effet, l’écriture des morceaux est fine. La production, solide et discrète.Ce qui place le disque dans la continuité des deux précédents EPs, Lost the way et Que sera/ Where my heart's at.

Son pseudonyme lui va à merveille. Ce tailleur de cire, adore polir les mélodies, creuser les rythmes, ciseler les breaks et façonner des morceaux atemporels, entêtants et hypnotiques. Son obsession pour les ambiances cinématographiques version noir et blanc (cf la pochette du disque, les extraits de films de Hitchcock, les dialogues intrigants) plonge l’auditeur dans un mystérieux voyage ; un peu comme une visite du Musée de Madame Tussaud, alternant passages mélancoliques, délires paranoïaques, repos sur siège de velours…A la seule différence qu’ici l’univers n’est pas figé mais bien vivant.

Olivier Rigout

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Bertrand Burgalat, Portrait Robot

Jun. 27th, 2005 | 03:46 pm

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Bertrand Burgalat, le pape de la pop francaise vient de publier son nouvel album, “Portrait Robot”, sur Tricatel et Virgin. Pour feter son 42eme anniversaire Burgalat met les petits plats dans les grands, avec un disque ambitieux, genereux (19 titres) et surtout tres reussi. Ne vous fiez pas au titre, car les chansons revelent ici la personnalite tourmentee, amoureuse c’est a dire, humaine du personnage.

Apres trois albums salues par la critique ( “Quadrille”, The Sssound of Mmmusic”, “BB meets AS Dragon”), de multiples concerts et productions, l’infatiguable boss du label Tricatel (Michel Houellebecq, Valerie Lemercier, Count Indigo, April Mrach…) revient avec un album a la fois futuriste et reference.On pense notament a Gainsbourg, Polnareff, Kratwerk, ou encore Chic. Les titres , tous enregistres chez BB a Berlin, laisse entrevoir un homme familier mais egalement etranger…comme un portrait robot. Sauf qu’ici la fonction du portrait robot n’est pas de rechercher un dangereux criminel, mais d’acceder aux merveilles qui sortent du cerveau de cet artiste hors normes, comme en temoignent le livret et l’interieur de la pochette, ainsi que le premier titre “Examen de Conscience”. Le diagnostique revele que BB souffre d’une creativite et d’un ecclectisme debordants. Ainsi, le veritable genie de BB est de combiner plusieurs genres (disco/chanson/funk/classique/pop), de transcender les cliches et de creer un univers a la fois singulier, accessible et imediatement identifiable pour l’auditeur.

Les orchestrations sont classieuses et luxuriantes. Les choeurs, envoutants et noyes dans un echo psychedelique. BB parle, chante, parfois juste et parfois faux. Parfois en francais, parfois en allemand, parfois en anglais. Les aproles de “Noel sur ordonnance”, parlent des progres de la science et du desir de jeunesse eternelle”. “Je suis seul dans ma Chanson” lui permet d’exprimer son malaise quasi autiste dans un monde hostile et etranger: “prisonier a l’exterieur”. L’accrocheur “Another World Gone By” montre que BB est capable de composer de veritables singles. Esperons que cet album consacrera BB aux yeux du grand public comme l’artiste francais le plus doue de sa generation. “B initials, B initials, B initials, BB”…

OLIVIER RIGOUT
tatb98@hotmail.com

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Tahiti 80 (Fostbury, Atmoshériques 2005)

Jun. 11th, 2005 | 06:06 pm

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Apres deux albums ayant connu un succès d'estime, à savoir Wallpaper for the Soul et Puzzle, les quatre garçons de Rouen reviennent à la charge en 2005 avec Fostbury.

Peu connus en France, où ils appartiennent depuis des années à la catégorie "jeune espoir", ils collectionnent cependant les disques d'or au Japon. Leur dernier single "Changes" y est d'ailleurs numéro un devant les Chemical Brothers, Jennifer Lopez, les White Stripes ou encore Coldplay!!!

Cet album pourrait cependant sonner l'heure de la reconquête de leur pays natal, tant il regorge de merveilles pop aux arrangements luxuriants mais légers. Niveau son, ce n'est pas vraiment "road to Rouen" car nos petits prodiges versent dans la composition sucrée, acidulée, faussement légère, intelligente et dansante, un peu comme leurs homologues de Phoenix.

Neal Pogue qui s'était déjà chargé d'Outkast ou de Kelis a mixé le disque qui a été écrit durant quatre mois dans un seul et unique studio. Si la production est assurément ancrée dans l'air du temps, ce qui en France suscitera sûrement des critiques les accusant de céder aux sirènes MTV, Tahiti 80 est pourtant un vrai groupe au sens premier du terme: une bande de potes faisant de la musique ensemble, sous un nom emprunté au T-shirt ramené de vacance par un grand frère. S'ils assument totalement le côté moderne de leur son et de leur image c'est qu'ils peuvent se targuer de composer de véritables et merveilleuses chansons, dans la plus pure tradition pop. Big Day, Changes, What Next ou encore Something about you Girl, en sont les preuves les plus convaincantes sur Fosbury.

Soyons donc fiers de nos compatriotes incompris en France qui ont pourtant tourné avec Cornelius ou Oasis et succombons à leurs mélodies.

OLIVIER RIGOUT

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VITALIC, OK COWBOY

Jun. 3rd, 2005 | 04:55 pm

VITALIC: 'OK COWBOY', SORTI EN 2005, CITIZEN / PIAS.
newyork (27-05-2005)
Electronic

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L'artiste electro francais Vitalic, vient de signer chez Pias qui va distribuer son nouveau disque intitulé "Ok Cowboy".

Après avoir accouché du double projet 'Poney' suivi de l'énorme hit 'La Rock' présent sur l'album mix des célèbres 2 Many DJs, 'As heard on radio Soulwax part 2', Pascal Arbez aka Vitalic vient de dégainer son nouvel album 'Ok Cowboy' (Pias).
Actuellement très en vogue, le francais vient de remixer daft Punk ainsi que le 'Who Is It' de Björk. Avec une ambiance hypnotique a la 'Kraftwerk', des rythmes violents a la Daft Punk, des réfèrences froides 80s et quelques guitares ascerbes et brulantes, ce disque constitue un ambitieux crossover entre techno, pop suicidaire et rock énergique. Ainsi l'auditeur se retrouve en plein far west sonique: a tenir les rennes d'une diligence roulant a toute allure ( My friend Dario), perdu dans la nuit glaciale d'un desert (Poney Part 1), dans une fete foraine folkrorique qui tourne a l'emeute (Polkamatic), dans un saloon en pleine effervescence (Wooo), effondré avec le coeur brisé ( Trahison) ou encore en pleine céremonie indienne (Valetta Fanfares).
De plus en plus apprecié par un public eclectique, Vitalic est en passe de s'imposer comme le nouveau champion electro hexagonal. Lors de ses Djs sets les rockers dansent et les ravers pogotent comme si on revivait la prise du Fort Alamo, chose assez rare pour etre soulignee. Cependant, ne vous fiez pas aux apparences, 'Ok Cowboy' regorge egalement de passages calmes permettant de pas éssoufler sa monture et de tenir les longues distances.

OLIVIER RIGOUT
tatb98@hotmail.com

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M83

May. 29th, 2005 | 01:52 pm

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Le groupe M83 actuellement en tournee Europeenne, sera present aux Etats-unis pour une poignee de dates.
Il defendra son troisieme album “Before the Dawn Heals Us” sur les scenes de Chicago, San Francisco, Danton et Austin. Portee par un succes fortement merite, la formation antiboise est de plus en plus a l’aise devant le public, meme americain, en temoignent leurs prestations soniques au printemps et leur passage remarque au Coachella festival (Californie).

Succedant au deja acclame “Dead Cities, Red Seas & Lost Ghosts” de 2003, le nouvel album a surpris ses fans mais egalement le groupe lui meme. Non content de beneficier d’une production massive et plus lechee, le groupe s’est mis a explorer de nouveaux horizons musicaux. Ainsi certains passages rappellent Tangerine Dream, Boards Of Canada ou encore My Bloody Valentine. Anthony Gonzales et Nicolas Fromageau ont meme un tube sur cet album: l’hypnotique et puissant single “Don’t Save Us from The Flames”, qui evoque une certaine joie nostalgique, comme un regard adulte sur une enfance revolue. La melodie flotte ainsi au dessus d’un mur du son obtenu a l’aide d’accords de guitares saturees et transporte l’auditeur dans un reve atmospherique, comme s’il etait sur la bicyclette volante du film “E.T l’Extraterrestre” et decouvrait sa vie sous une autre perspective.

M83 debutera cette mini-tournee par le celebre festival Lollapallooza (mis en place par Perry Farrell du groupe Jane’s Addiction) qui cette annee se tiendra a Chicago et accueillera entre autres les Pixies, Blonde Redhead, The Brian jonestown Massacre et Z-Trip.
En live, le groupe est bien plus noisy et le chant se laisse a peine discerner, comme des songes, car enfoui sous un magma sonore et sonique a la fois apaisant, dansant et inquietant. Mais n’ayez crainte. Comme l’indique leur autre single M83 est avant tout en groupe avec “a Guitar and a Heart”.

OLIVIER RIGOUT
tatb98@hotmail.com

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RTX: Transmaniacon

Dec. 24th, 2004 | 01:19 pm

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Attention événement ! Jennifer Herrema, de Royal Trux revient avec un nouveau groupe RTX (drôles d'initiales non ? Royal Trux R.I.P). La sortie de l'album Transmaniacon (nom emprunté à une chanson du mythique groupe Blue Öyster Cult) marque le retour de Jennifer au sein du label Drag City et plus simplement son retour sur le devant de la scène. La belle a encore quelques leçons à donner, et c'est la moindre des choses quand on sait qu'elle a également pris part à l'aventure Pussy Galore dans les années 1980, tout comme son époux Neil Hagerty (membre fondateur de Royal Trux à Chicago en 1985). L'histoire est connue : les deux se brouillent rapidement avec Jon Spencer et Christina Martinez (sa femme, leader de Boss Hog) et commencent l'aventure Royal Trux. Le couple de junkies décide de continuer l'expérience noisy-punk-arty, et pendant dix ans vont régulièrement faire parler d'eux, dans les colonnes indé des magazines rock underground. Seulement, en 2001, le camion royal tombe en panne, et les deux conducteurs décident de continuer leur route séparément…the end. Mais fin 2004 Jennifer fait reparler d'elle avec un disque à la pochette arrogante (tête de mort) et surtout une musique puissante, violente, inspirée, sexy, viscerale…
RTX ressemble a un groupe concept, reprenant tous les clichés du hard/rock/heavy/metal pour mieux les digérer et en faire quelque chose d'hybride, inconnu et intriguant. Seulement voilà, ce n'est pas une blague, Jennifer est là pour jouer le putain de rock'n'roll et fonce tout droit tête baissée sur l' " highway to hell ". Bref, c'est le genre de fille qui impressionne, avec qui on ne voudrait pas se battre, mais qui en même temps émeut le public car elle vit sa passion sans se poser de questions, sans nostalgie, sans pose, sans plans précis. Au contraire, elle cherche toujours à se positionner clairement comme prêtresse avant-gardiste du rock, même si pour le coup l'album donne l'impression d'hésiter constamment entre rock'n'roll brut et projet noisy-arty…

OLIVIER RIGOUT
tatb98@hotmail.com

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Benicasim 2004

Aug. 30th, 2004 | 11:24 pm

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Je débarque pour la troisième fois consécutive à Benicasim sur la Costa Azahar.

Lundi 2 août 2004, il fait déjà chaud, on s’installe au camping qui, cette année a l’air assez vide, ce qui inquiète quelque peu le festivalier…cependant jusqu’au jeudi 5, c’est rencontres variées pendant la nuit et baignade la journée, entrecoupée de farniente sous les palmiers et bains de minuit…Il semble que l’année 2004 n’a pas fait le plein malgré une programmation des plus alléchante. Les français sont venus en nombre mais peu ont l’air de connaître les artistes de l’ édition, ou pire d’y connaître quelque chose en musique ! Au moins ils sont là pour s’éclater la tête, danser, draguer, bronzer…De même, il y a beaucoup d’anglais, facilement repérables, beerbelly et peau livide, mais ravis d’être là, même si on a droit à quelques « you know Glastonburry is way much bigger ».
Ca y est, c’est la soirée de présentation. Pour la première fois c’est sur le site principal (escenario verde). On arrive juste pour Ash, qui joue vite, fort et saturé, puis c’est au tour de Fangoria, groupe espagnol de ravir les autochtones et d’agacer un peu les autres. Vers 3h du matin, c’est à Zoot Woman de jouer son rock 80s sympathique mais pas si dansant que ça. On peine à reconnaître Jacques Lu Cont à la basse (aka Stuart Blake, leader des Rythmes digitales) : normal, il n’est pas là mais à Ibiza pour une soirée avec Puff Daddy ! Felix da Housecat clôture la soirée, avec un DJ set efficace qui rassure la foule avec notamment une petite attraction genre montagnes russes sur the wall de Pink Floyd.

Vendredi 6, on essaye de se remettre de la première vraie cuite du festival pour attaquer une soirée qui s’annonce énorme. On boit des mélanges qu’on nous offre gentiment en attendant la navette qui nous amène au FIB. Déjà bien éméchés, mais c’est l’heure de déchanter avec Les Kings of Leon, qui ressemblent à un boys band qui a peur de jouer ses chansons sudistes pourtant entraînantes sur disque. Bien plus expérimental et fascinant : Her Space Holiday. Marc Bianchi a là assez de merveilles electropop pour faire le malin et durer. Un petit tour du coté des horribles Northern Lite, la nuit est tombée, les fûts à Heineken commencent à se vider. Dans le désordre et en zapping : Tindersticks a la classe mais jouer des perles intimistes sur la grande scène n’est pas des plus approprié ; d’ailleurs la moitié de l’auditoire s’assoie ! Einstürzende Neubauten casse la baraque avec des instruments des plus étranges : chalumeaux, tuyaux en plastique, bidons…Mais attention c’est pas Stomp car le chanteur charismatique et mystérieux captive et force au respect surtout quand on sait que le légendaire groupe signé chez Mute officie depuis 1985 ! Gros carton pour Air qui sort un set best of, devant un public compressé et enchanté par les deux versaillais à coups de « buenas noches », « do you want to dance » au vocodeur et de « Zer iz only one langwaïge, Ze love ». Le son et les arrangements sont parfaits, Sébastien Tellier reste discret dans son rôle de sorcier, mais on regrette presque que la batteur soit trop technique pendant le final…Puis on se presse (en vain car 35 minutes de retard) pour assister au concert de Lali Puna, qui a déjà le statut de chouchou du public indé/electrorock/j’en passe et des meilleures…La petite asiatique, supportée par un groupe très subtil, charme tout le monde. Puis direction les Pet Shop Boys, un peu chiants avec leur karaoké-gai géant, mais les tubes sont indéniablement mythiques dont le super rent joué en introduction. Un petit tour à la bpitch control night avec Sacha Funke et Smash TV. Ca tabasse à tout va les bpm, les beats et les pas de danse, à moins que ça ne soit le contraire…Quelques Vodka Red Bull plus tard, c’est la claque ! Pas le coma éthylique, non, mais l’arrivée de Kraftwerk. Tout le monde se tait, même les novices : c’est une cérémonie. Un rideau s’ouvre, dévoilant un écran géant, et les quatre allemands, impeccables dans leur smoking noirs (on dirait qu’ils ont été cryogénisés), statiques, debout devant leurs laptops face au public. Et ils enchaînent, Tour de France, Autobahn, Radioactivity…avec des vidéos captivantes. Quand on sait que leur premier disque est sorti en 1971 et qu’on la musique actuelle lui doit tout (même le blip du digicode !), on se tait, on ouvre grand les yeux et on « danse ». Après ça, inutile et impossible de réfléchir, de réaliser, donc on laisse nos pas nous « guider » ( à cette heure-ci tout le monde déambule, les Anglais chargés aux extas, les espagnols à la coco, et les autres à l’alcool) vers le dancefloor de la ravissante Ellen Allien qui achève tout le monde avec un set agressif qui promeut les artistes de son écurie.

Sabado 7 : Après avoir attendu la navette une heure, on se décide à faire du stop, mais c’est avec un peu de retard qu’on arrive pour Scissor Sisters, en rut vers la gloire. Dommage qu’ils jouent si tôt. Pas grave ils incendient la place pour que l’on se souvienne de leur passage. Tous les yeux sont rivés sur le chanteur qui finit en strip-tease intégral après avoir chanté Laura, Take Your Mama, Confortably Numb : tout le monde est gai ce soir. Puis avec une certaine appréhension on va voir Lou Reed, et là, confirmation, c’est mega chiant. Donc on va voir Electrelane, sympathique quatuor féminin (dont le dernier effort a été produit par Albini), qui ne casse pas des briques mais ne mange pas de pain non plus. Idéale bande son pour manger un sandwich d’ailleurs. Digestion pendant le concert de Belle and Sebastian, qui comme en 2002 font chanter tout le monde. Le groupe et ses fans sont heureux, les flûtes chatoyantes, les arrangements luxuriants. La classe pop absolue. Un hommage aux Smiths (habile clin d’œil à Morrissey, annulé ce soir là car coincé à Valence). Puis Bobby Gillespie et ses potes investissent la scène. Première surprise Kevin Shields (de My Bloody Valentine) ne joue plus avec Primal Scream, ce qui ne change strictement rien. Ils jouent leur best of : tres fort, tres violent, tres rapide, bref du vrai rock’n’roll futuriste. Une petite intro de David Bowie ?! vient saboter celle de Rocks, pas grave le public est en transe, galvanisé par un final à base de Swastika Eyes, Movin on Up et Jail Bird. Après tant d’intensité il nous faut nous défouler et demander aux autres s’ils ont bien assisté à la même chose que nous. Confirmation et direction Superpitcher, avec un set parfait pour cette heure dont je peine à me souvenir…

Dimanche 8 : le temps défile à une vitesse incroyable, dernier vrai jour. Love avec Arthur Lee (éclaté, à cause de la mort d’un de ses amis...) nous casse les oreilles. Même les fans s’en vont pour ne pas assister à ce gloubiboulga. Ca c’est de la « légende » (1)! Vient le tour de Wire, encore pire, ces mecs ont beau avoir été des pionniers du punk, là c’est no future assuré. Ca c’est de la « légende » (2)! On se dit jamais deux sans trois et le doute nous envahit lorsque Brian Wilson « débarque » ou plutôt échoue sur la scène. Chemise de retraité, gros bide, canette de coca light à la main, il ne regarde pas le public, ni son groupe, s’installe sur son tabouret et derrière son énorme synthé Yamaha (uniquement là pour donner à l’ex-leader des Beach Boys de la constance, le cacher et lui rappeler ses textes car surmonté de prompteurs !). Ca commence pourtant bien avec un Sloop John B. Mais très vite il apparaît que seul le groupe (techniquement excellent par ailleurs) joue, et pire on a l’impression d’être au Mickey club sur un plage Californienne, tant ils ont des sourires niais. Le final en guise de best of, (Barbara, Surfin USA, Fun Fun Fun), constitue le clou du spectacle où les musiciens sont rejoints par la famille Wilson ? des gagnants du concours fan de ? des techniciens du FIB ? qui dansent comme des abrutis sur la scène, genre « on est sur la scène c’est génial, regardez on fait l’avion avec nos bras… » : pitoyable et ça fait peur, on pourrait presque en faire des cauchemars semblables aux clips d’Aphex Twin ! Ca c’est de la « légende » (3)! Pour oublier ça, mieux vaut se rafraîchir le gosier et s’éclater les neurones. Heureusement arrivent les sauveurs de Franz Ferdinand avec leurs hymnes dance-pop imparables, leurs têtes de neuneus écossais attachants et leur live dévastateur, face à un public conquis d’avance. Filles et garçons chantent et dansent ensemble, Alex Kapranos tellement content d’être là s’emballe les pinceaux et crie un « thank you Primavera !» (non, ça c’était il y à trois mois à Barcelone), repris immédiatement par le second guitariste « he meant Benicasim ! », le public s’en fout, plus de 20.000 personnes sautent dans tous les sens, on est heureux. La fatigue commence à se faire ressentir, on va vers la scène hellomoto et on commence à s’exaspérer de voir James Murphy prendre son temps à installer le matos, bien qu’aidé par un des 2 Many Djs. Trente minutes de retard, pas de changement de lumière, pas d’entrée su scène, mais ça commence très fort, le batteur, véritable boite à rythme lance Beat Connection. Murphy boit du vin au goulot, et à l’air un peu pommé, mais dès qu’il commence à chanter, il redevient le leader de LCD Soudsystem (et accessoirement le boss de DFA). Gros son, on danse, les chansons sont accrocheuses, hypnotiques et longues, les paroles débiles, le groupe ravi. Six titres sont joués et c’est l’heure de finir en beauté avec Losing My Edge et Yeah, le groupe prend son pied, fait n’importe quoi, un coup de synthé par ci, un peu de basse par là, saupoudrée de cloches, et ça marche ; la prestation rappelle celle des Tchick Tchick Tchick ( !!!) L’adrénaline est bien remontée, alors on espère que les Dandy Warhols vont entretenir le niveau. Mais on redescend vite, le groupe joue en pilotage automatique et fait du rase motte, et finit par s’écraser rapidement. Dommage, surtout quand on a quelques singles planants ou qui peuvent dompter n’importe quelle zone de turbulence. On va donc faire un tour pour danser avec Richie Hawtin (aka Plastikman) qui nous aide à nous stabiliser avant que l’on reparte de plus belle avec les Chemical Brothers, tout le public est présent et accueille Simons et Rowlands pour la 5ème fois avec des déhanchements hystériques. Il n’y a pas grand chose à voir, ci ce n’est des écrans géants avec des motifs psychédéliques qui tournent aux sons des machines. Set best of, avec les deux dernières pépites Get Yourself High (propice au contexte) et The Golden Path. Pendant les passages calmes on entend au loin les beats du dj set (notamment Blue Monday) du pauvre Trevor Jackson (pas de bol pour le patron d’Output d’être programmé en même temps). Pas grave après ça on va tout de même voir Colder dont le nom résume bien la prestation du groupe ce soir. Comme c’est la dernière ligne droite on veut avoir encore plus chaud, on aurait préféré avoir Hot Hot Heat. Dommage ces français peuvent pourtant être captivants en live. Du coup on va boire les bouteilles des journalistes du nme, on croise le crew magic complètement ravagé, et quelques conneries plus tard on ne sait pas quelle heure il est, et Smagghe (le Jésus camé) et Rebotini (le hooligan à la méche new-wave) commencent leur dj set musclé à base de Blackstrobe ; dommage qu’ils n’aient pas joué live cette fois mais nos festivaliers se remuent comme des furies sur Chemical Sweet Girl. Les esprits sont de plus en plus embrumés, la fatigue n’existe plus, les rythmes de plus en plus envoûtants… Puis on oublie. Le soleil se lève, les bénévoles craquent et distribuent des tickets boisson gratuits, je croise ou plutôt je m’étale sur Trevor Jackson qui va voir Tiga clôturer. Et ça clôture sec ! Esprit bon enfant, tout le monde boit encore, on se met des autocollants débiles sur la tête, on improvise du breakdance, on trébuche, on entend pas la musique, on pense à autre chose, on rigole quelques secondes avec des jolies espagnoles, on provoque en duel de danse des inconnus, on demande des bières gratos au bar, et parfois ça marche, même chose avec les donnuts…puis on se fait ramener au camping en navette climatisée avec du Tears for Fears en bande son. Puis on oublie. Il est 10h00.

Lundi 9 : Soirée de clôture sur la plage ouverte à tous, on loupe Michel Grinser, mais bon James Murphy fait danser la plage à coups de Tigre, Rapture, Daft Punk…On en profite pour partager nos mélanges banana-vodka et jouer à lancer des ballons J&B, jusqu’à ce qu’un flic s’en prenne un sur la tête et excédé de tant de débordements sorte son canif pour le crever. Ca pisse à gogo dans la mer, ça danse sur les podiums, ça joue avec les fontaines, ça perd ses sandales, ça montre son maillot de bain . C’est enfin au tour des 2 Many DJs de prendre d’assaut les platines. Mais très vite il apparaît qu’on a affaire à un set à 8 mains, car Murphy et Jackson viennent mettre leur grain de sable dans les sampleurs qui ne s’enrayent pas, bien au contraire. Ca passe du Primal Scream, du Jay Z, du Beyoncé, du Beni Benassi, du Run DMC, du Chemical B, du Vitalic…Puis on oublie. Les secouristes veillent à la non-noyade des festivaliers, bien que déjà noyés dans leur alcool. Puis on oublie. Et on re-danse…
A bientôt.

Olivier Rigout tatb98@hotmail.com

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La Route du Rock 2004

Aug. 27th, 2004 | 10:47 pm

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Saint-Père, forteresse musicale qui ne s’est jamais rendue, se laisse pourtant prendre chaque année d’assaut par des festivaliers aux t-shirts Sonic Youth, Fubu, et Décathlon. Ce rendez-vous « indé » propose depuis 14 ans un chariot d’artistes alléchant, à quelques encablures de Saint-Malo. Au village, un adage fait rage : « De Saint-Malo tu ne seras malouin, lorsque de bouillasse ta caisse sera maculée ». Vérification faite, nous y sommes.

C’est le vendredi 13, et miracle - peut être est-ce à cause de la visite du Saint Père en France, les capotes se rétractent : pas de seaux d’eau ce soir!. La cocarde au poignet, il est déjà grand temps de pénétrer notre mobile-home flambant neuf qui s’apparente finalement à une tente de base, bien que moulée Igloo. La découverte de nos voisins de 3 jours nous laisse le cul entre deux chaises de camping. Collègues, cracheurs de feu, collégiens acnéiques, arachnides et sauterelles royales, beaux petits lots, vendeurs de « bédo-man-ça gère ? » , zicos… les douves abritent une faune bien diverse ! Cet Anglais qui passait par là nous a justement servi de défouloir. Avec le recul, le rosbeef eût été meilleur dans nos assiettes... On se ra-bat illico presto sur des pâtes au pesto, mais moins bien qu’au resto. A court d’idées, nous buvons. Le sommelier nous dégôte une puissante liqueur qui décuple la portée de nos vannes, à l’aine.

Il est 19h30, nous nous apercevons, groggy, que Now It’s Overhead est en train de nous passer au dessus de la tête. Autant ne pas bouger d’un iota et patienter jusqu’au baroud d’honneur de The Beta Band, très attendu, mais finalement pas vu. On se saura jamais si les Ecossais ont fait mieux que lors de leur tournée d’il y a deux ans. Les beuglements « Rock’n’Roll ! » des brillants lourdeaux environnants nous décident à prendre nos cliques et à mettre des claques. L’ambiance sur le chemin de la scène nous rappelle fortement l’édition 1972 de la RDR, à l’époque où le camping était encore à Dinard. La nuit tombe, et l’on trinque à la générosité des bénévoles. The Kills ouvrent le feu et mettent tout le monde d’accord pour un pogo endiablé, même si la dédicace à Florence Ré (pas de l’ile), n’est pas des plus malouines. Il est déjà 23h30, Deus sort ses guitares des housses, débarque, balance la purée, et nous la mayonnaise sur les frites. C’est the ideal krash’up. LCD Soundsystem est la grosse révélation de l’édition, et on l’apprécie autant sous LSD qu’à jeûn, notamment pour les pruneaux dénoyautés par le batteur. Ce n’est pas lui, mais bien Murphy, qui permet au groupe d’être estampillé label DFA. Dernière étoile de la soirée, RJD2 fait chou-bacca-blanc malgré quelques jolis han solos de scratch. La musique au Fort, c’est fini pour ce soir, mais la fête continue au camping 4 étoiles. Cependant, l’after des douves n’est pas du goût de tous : aux traditionnels « Rock’nRoll !» font désormais écho des « Ferme ta gueule connard ! » de circonstance. En dépit de leur protestation, les commandants couche-tôt rendent les armes, assiégés par les brigades du cidre. La nuit sera courte pour tout le monde.

Le soleil à son zénith nous chasse des tentes et précipite notre sudation. Une fois douchés et délestés de nos black dice, direction la Plage et les «Siestes Musicales». La navette se fait attendre… Tombés à genoux et les mains jointes, nous essayons, en vain, mais pas en van, de susciter la pitié automobile. Là bas, confirmation du succès de la formule : les festivaliers dessaoûlent sous le soleil, enivrés cette fois par la musique. Quelques filles motivées se trémoussent sur du son maousse et house. Nouvelle Vague déferle sur la plage de l’Eventail et propose un petit rafraîchissement à base de reprises bossa nova du meilleur effet. La chanteuse Camille, prise d’une soudaine envie d’uriner, se précipite dans l’océan : une première ! Gravenhurst n’est pas resté gravé dans nos mémoires, mais c’est pas grave, le concert a eu le chic de prolonger notre coma mélodique en cette fin d’après-midi.

Retour au beau Fort où le temps nous est compté : une fois de plus, nous ratons le coche en entendant ricocher sur les remparts les premières notes de Flotation Toy Warning et ses compos planantes. Mais ces grands dadais prometteurs n’atteignent pas encore le niveau d’émotion et de grâce de Grandaddy, leurs maîtres spirituels. Puis, c’est au tour de Lali Puna de se frotter à la scène. Leur prestation s’avère aussi rafraîchissante qu’un bouquet de lilas cueillis au sommet de l’Anapurna. L’horloge indique 22h et l’aliment manque, problème vite résolu. En effet, un de nos bénévoles préférés, Hugues, offrait des gaufres aux fraises aux frais de l’organisation. Pas le temps de tergiverser que déjà, devant la scène, les corps se ressèrent avec l’appel d’Air, certainement le groupe le plus attendu du week end. Les Versaillais nous envoûtent, et nous invitent à leur safari musical. Herpèz lourd ce soir. L’assistance n’en est pas moins immédiatement contaminée. Pas de doute : le ministère aime Air. Puis Phoenix fait nique à ses détracteurs en se révélant être une veritable moissonneuse-batteuse de tubes. Mais le public est abasourdi, et tabassé à base de basses trop fortes. Réglages de fréquence oblige pour les nouvelles stars, Tv on the Radio et Peaches, qui nous font passer une sacrée (seconde partie de) soirée. La prestation des premiers, bien qu’en noir et blanc, se révèlera haute en couleurs. Finalement un peu déçus, on rejoint Flavor Flav qui avait sans doute raison : « Don’t believe the hype ! ». Pour la Canadienne, le voyage en « classe aisselles » (non climatisée) qu’elle nous propose, sera plutôt à dominante rose. En effet, elle prend la pose, défend sa cause, et ose un final en apothéose. Grands amateurs d’astronomie, l’apparition de trous noirs nous empêche malheureusement de nous souvenir de cette nébuleuse fin de soirée. On se jure alors d’être plus studieux demain, dimanche, et de privilégier l’aspect « musique » du festival.

Le Dieu Soleil prend décidément un malin plaisir à transformer notre igloo en sauna dès l’aube. Arrachés des bras de Morphée, amorphes et morfales, les traits tirés comme dans un morphing, nous sommes toutefois ravis d’être à la Route du Rock. Ce dernier jour s’annonce excellent, et toujours pas de pluie, c’est Broadway ! Pas de pépin pour Mojave 3, qui épluche très délicatement nos sentiments et récolte les fruits de son travail. Du jus, il y en aura plein après, mais Mojave, l’eau, rien à foutre ! Girls in Hawaii décroche le cocotier en surfant sur les premières flaques de boue, sans effectuer pour autant moult acrobaties. Du jus, des jumeaux et pas de grumeau : l’Amédéo du soir prévoit des éclairs sonores et un déluge d’émotions sur toutes les têtes. Au Kazu vous ne l’auriez pas compris, Blonde Redhead se jette à l’eau sous une trombe d’applaudissements. A ce moment là, le Fort entier prie le Saint Père pour que la pluie le laisse en paix. On pense alors que les coups de tonnerre ne peuvent rien face à la magie créée par ces 3 artistes, mais c’est sous-estimer le climat breton, qui ne laisse de choix à personne : après 25 minutes d’un concert si entraînant, les organisateurs décident d’y mettre fin, et tout le monde reste sur sa faim. Misery is a waterfall ! Pendant une heure, le contraste est fort entre la régie qui s’affole, et les spectateurs qui s’affaissent. Enfin, retour à la musique ! Ce n’est pas Dionysos le dieu de la soirée mais bien Poséidon, malgré le plongeon de Mathias dans la houle. Véritable groupe waterproof, ils ont fait mentir leurs textes en évitant l’électrocution. Clinquant la première fois, le show des Valentinois peut vite s’avérer lassant dès la deuxième. Faites maintenant exploser vos blouses pour Jon Spencer car l’orage est passé dans les cieux… mais pas devant nos yeux, car entre le Blues Explosion et son public, c’est le coup de foudre assuré. Le trio new-yorkais dévoile quelques titres de son prochain album, Damage. Ce soir, Jon Spencer a opté pour une coupe de cheveux « jeune premier » avec son gel effet mouillé, mais on ne se laisse pas avoir, et on comprend de suite pourquoi le groupe jouit d’une aussi belle réputation depuis tant d’années. Russel Simins, batteur rare et massif, nous fait profiter de sa technique et de son tempo irréprochables, ainsi que de ses gifles cuisantes, qui réchauffent l’atmosphère. Judah Bauer, efficace et impeccable à la guitare, se déhanche toujours de manière aussi plaisante. La formation marseillaise qui suit n’aura pas autant de succès. Pas trop de bol, mes coeurs, car la police a réussi à menotter ces fauteurs de trouble, trop chiants et anachroniques pour l’heure avancée et leur avancée. Les Troublemakers passent donc la fin de soirée dans la fourgonnette, et nous, des souvenirs plein la tête.

Arthur, Olivier & Olivier. Ecrire à tatb98@hotmail.com pour toute publication.

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